Art, vérité & politique
En 1958 j’ai écrit la chose suivante :
« Il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. »
Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s’appliquent toujours à l’exploration de la réalité à travers l’art. Donc, en tant qu’auteur, j’y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ?
La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif.Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l’avez fait. Mais la réelle vérité, c’est qu’il n’y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l’une l’autre, se dérobent l’une à l’autre, se reflètent, s’ignorent, se narguent, sont aveugles l’une à l’autre. Vous avez parfois le sentiment d’avoir trouvé dans votre main la vérité d’un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.
On m’a souvent demandé comment mes pièces voyaient le jour. Je ne saurais le dire. Pas plus que je ne saurais résumer mes pièces, si ce n’est pour dire voilà ce qui s’est passé. Voilà ce qu’ils ont dit. Voilà ce qu’ils ont fait.
La plupart des pièces naissent d’une réplique, d’un mot ou d’une image. Le mot s’offre le premier, l’image le suivant souvent de près. Je vais vous donner deux exemples de répliques qui me sont venues à l’esprit de façon totalement inattendue, suivies par une image, que j’ai moi-même suivie.
Les pièces en question sont Le Retour et C’était hier. La première réplique du Retour est « Qu’est-ce que tu as fait des ciseaux ? » La première réplique de C’était hier est « Bruns ».
Dans un cas comme dans l’autre je n’avais pas d’autres indications.
Dans le premier cas, quelqu’un, à l’évidence, cherchait une paire de ciseaux et demandait où ils étaient passés à quelqu’un d’autre dont il soupçonnait qu’il les avait probablement volés. Mais d’une manière ou d’une autre je savais que la personne à qui on s’adressait se fichait éperdument des ciseaux, comme de celui qui posait la question, d’ailleurs.
« Bruns » : je présumais qu’il s’agissait de la description des cheveux de quelqu’un, les cheveux d’une femme, et que cela répondait à une question. Dans l’un et l’autre cas, je me suis trouvé contraint de poursuivre la chose. Tout se passait visuellement, un très lent fondu, passant de l’ombre à la lumière.
Je commence toujours une pièce en appelant les personnages A, B et C.
Dans la pièce qui est devenue Le Retour je voyais un homme entrer dans une pièce austère et poser sa question àun homme plus jeune, assis sur un affreux canapé, le nez dans un journal des courses. Je soupçonnais vaguement que A était un père et que B était son fils, mais je n’en avais aucune preuve. Cela s’est néanmoins confirmé un peu plus tard quand B (qui par la suite deviendrait Lenny) dit à A (qui par la suite deviendrait Max), « Papa, tu permets que je change de sujet ? Je voudrais te demander quelque chose. Ce qu’on a mangé au dîner tout à l’heure, ça s’appelait comment ? Tu appelles ça comment ? Pourquoi tu n’achètes pas un chien ? Tu es un cuisinier pour chiens. Franchement. Tu crois donc que tu fais la cuisine pour une bande de chiens. 1 » Donc, dès lors que B appelait A « Papa », il me semblait raisonnable d’admettre qu’ils étaient père et fils. A, manifestement, était aussi le cuisinier et sa cuisine ne semblait pas être tenue en bien haute estime. Cela voulait-il dire qu’il n’y avait pas de mère ? Je n’en savais rien. Mais, comme je me le répétais à l’époque, nos débuts ne savent jamais de quoi nos fins seront faites.
« Bruns. » Une grande fenêtre. Ciel du soir. Un homme, A (qui par la suite deviendrait Deeley), et une femme, B (qui par la suite deviendrait Kate), assis avec des verres. « Grosse ou mince ? » demande l’homme. De qui parlent-ils ? C’est alors que je vois, se tenant à la fenêtre, une femme, C (qui par la suite deviendrait Anna), dans une autre qualité de lumière, leur tournant le dos, les cheveux bruns.
C’est un étrange moment, le moment où l’on crée des personnages qui n’avaient jusque-là aucune existence. Ce qui suit est capricieux, incertain, voire hallucinatoire, même si cela peut parfois prendre la forme d’une avalanche que rien ne peut arrêter. La position de l’auteur est une position bizarre. En un sens, les personnages ne lui font pas bon accueil. Les personnages lui résistent, ils ne sont pas faciles à vivre, ils sont impossibles à définir. Vous ne pouvez certainement pas leur donner d’ordres. Dans une certaine mesure vous vous livrez avec eux à un jeu interminable, vous jouez au chat et à la souris, à colin-maillard, à cache-cache. Mais vous découvrez finalement que vous avez sur les bras des êtres de chair et de sang, des êtres possédant une volonté et une sensibilité individuelle bien à eux, faits de composantes que vous n’êtes pas en mesure de changer, manipuler ou dénaturer.
Le langage, en art, demeure donc une affaire extrêmement ambiguë, des sables mouvants, un trampoline, une mare gelée qui pourrait bien céder sous vos pieds, à vous l’auteur, d’un instant à l’autre.
Mais, comme je le disais, la quête de la vérité ne peut jamais s’arrêter. Elle ne saurait être ajournée, elle ne saurait être différée. Il faut l’affronter là, tout de suite.
Le théâtre politique présente un ensemble de problèmes totalement différents. Les sermons doivent être évités à tout prix. L’objectivité est essentielle. Il doit être permis aux personnages de respirer un air qui leur appartient. L’auteur ne peut les enfermer ni les entraver pour satisfaire le goût, l’inclination ou les préjugés qui sont les siens. Il doit être prêt à les aborder sous des angles variés, dans des perspectives très diverses, ne connaissant ni frein ni limite, les prendre par surprise, peut-être, de temps en temps, tout en leur laissant la liberté de suivre le chemin qui leur plaît. Ça ne fonctionne pas toujours. Et la satire politique, bien évidemment, n’obéit à aucun de ces préceptes, elle fait même précisément l’inverse, ce qui est d’ailleurs sa fonction première.
Dans ma pièce L’Anniversaire il me semble que je lance des pistes d’interprétation très diverses, les laissant opérer dans une épaisse forêt de possibles avant de me concentrer, au final, sur un acte de soumission.
Langue de la montagne ne prétend pas opérer de manière aussi ouverte. Tout y est brutal, bref et laid. Les soldats de la pièce trouvent pourtant le moyen de s’amuser de la situation. On oublie parfois que les tortionnaires s’ennuient très facilement. Ils ont besoin de rire un peu pour garder le moral. Comme l’ont bien évidemment confirmé les événements d’Abu Ghraib à Bagdad. Langue de la montagne ne dure que vingt minutes, mais elle pourrait se prolonger pendant des heures et des heures, inlassablement, répétant le même schéma encore et encore, pendant des heures et des heures.
Ashes to Ashes, pour sa part, me semble se dérouler sous l’eau. Une femme qui se noie, sa main se tendant vers la surface à travers les vagues, retombant hors de vue, se tendant vers d’autres mains, mais ne trouvant là personne, ni au-dessus ni au-dessous de l’eau, ne trouvant que des ombres, des reflets, flottant ; la femme, une silhouette perdue dans un paysage qui se noie, une femme incapable d’échapper au destin tragique qui semblait n’appartenir qu’aux autres.
Mais comme les autres sont morts, elle doit mourir aussi.
Le langage politique, tel que l’emploient les hommes politiques, ne s’aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.
Comme le sait ici tout un chacun, l’argument avancé pour justifier l’invasion de l’Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d’armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilitédans l’atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai. On nous disait que l’Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c’était vrai. Ce n’était pas vrai.
La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l’incarner.
Mais avant de revenirau temps présent, j’aimerais considérer l’histoire récente, j’entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je crois qu’il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.
Tout le monde sait ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans toute l’Europe de l’Est durant l’après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues,la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.
Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés àdes crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l’état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l’existence de l’Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu’ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.
L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ».« Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup.Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis – ou battu à mort – ça revient au même – et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. C’était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.
La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.
J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.
Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite).
Père Metcalf a dit : « Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste. »
Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. « Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours. » Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.
Les innocents, certes, souffrent toujours.
Finalement quelqu’un a dit : « Mais dans le cas qui nous occupe, des « innocents » ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain ? »
Seitz était imperturbable. « Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là », dit-il.
Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.
Je dois vous rappeler qu’à l’époque le Président Reagan avait fait la déclaration suivante : « Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs. »
Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.
Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15%. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.
Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.
J’ai parlé tout à l’heure du « tissu de mensonges » qui nous entoure. Le Président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de « donjon totalitaire ». Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n’y avait pourtant pas trace d’escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n’y avait pas trace de tortures. Il n’y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n’a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les « donjons totalitaires » se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s’y étaient succédé.
En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l’Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L’archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu’il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu’ils étaient convaincus qu’une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu’ils osaient contester le statu quo, l’horizon infini de pauvreté, de maladies, d’humiliation et d’oppression, le seul droit qu’ils avaient acquis à la naissance.
Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d’une ténacité considérable,mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L’économie « casino » s’est réinstallée dans le pays. C’en était fini de la santé gratuite et de l’éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La « Démocratie » l’avait emporté.
Mais cette « politique » ne se limitait en rien à l’Amérique Centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c’est comme si ça n’était jamais arrivé.
Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.
Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.
Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s’est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.
Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c’est aussi un pays très malin. À l’image d’un commis voyageur, il œuvre tout seul et l’article qu’il vend le mieux est l’amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots « peuple américain », comme dans la phrase : « Je dis au peuple américain qu’il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son Président pour les actions qu’il s’apprête à mener au nom du peuple américain. »
Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots « peuple américain » fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n’avez pas besoin de penser. Vous n’avez qu’à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d’hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s’étend d’un bout à l’autre des États-Unis.
Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l’intérêt qu’il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C’est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations Unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu’ils n’ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d’une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.
Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci – la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d’autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d’accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c’est à peine si la soi-disant « communauté internationale » en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d’être « le leader du monde libre ». Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu’en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man’s land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d’entre euxfont la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d’alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d’anesthésiques. Juste un tube qu’on vous enfonce dans le nez et qu’on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C’est de la torture. Qu’en a dit le ministre des Affaires étrangères britannique ? Rien. Qu’en a dit le Premier Ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.
L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’État patenté, témoignant d’un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l’Amérique sur le Moyen-Orient et se faisant passer – en dernier ressort – toutes les autres justifications n’ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé – pour une libération. Une red outable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d’innocents.
Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l’uranium appauvri, d’innombrables tueries commises au hasard, la misère, l’humiliation et la mort et nous appelons cela « apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient ».
Combien de gens vous faut-il tuer avant d’avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu’assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n’a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu’il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l’objet de poursuites.Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l’intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.
La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l’insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n’existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. « Nous ne comptons pas les cadavres » a déclaré le général américain Tommy Franks.
Aux premiers jours de l’invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. « Un enfant reconnaissant » disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l’histoire et la photo d’un autre petit garçon de quatre ans qui n’avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C’était le seul survivant. « Quand est-ce que je retrouverai mes bras ? » demandait-il. L’histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu’il ne serrait dans ses bras le corps d’un autre enfant mutilé, ou le corps d’un cadavre ensanglanté. Le sang, c’est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.
Les 2000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.
Voici un extrait de « J’explique certaines choses », un poème de Pablo Neruda :
Et un matin tout était en feu,
et un matin les bûchers
sortaient de la terre
dévorant les êtres vivants,
et dès lors ce fut le feu,
ce fut la poudre,et ce fut le sang.
Des bandits avec des avions, avec des Maures,
des bandits avec des bagues et des duchesses,
des bandits avec des moines noirs pour bénir
tombaient du ciel pour tuer des enfants,
et à travers les rues le sang des enfants
coulait simplement, comme du sang d’enfants.
Chacals que le chacal repousserait,
pierres que le dur chardon mordrait en crachant,
vipères que les vipères détesteraient !
Face à vous j’ai vu le sang
de l’Espagne se lever
pour vous noyer dans une seule vague
d’orgueil et de couteaux !
Générauxde trahison :
regardez ma maison morte,
regardez l’Espagne brisée :
mais de chaque maison morte surgit un métal ardent
au lieu de fleurs,
mais de chaque brèche d’Espagne
surgit l’Espagne,
mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,
mais de chaque crime naissent des balles
qui trouveront un jour l’endroitde votre cœur.
Vous allez demander pourquoi sa poésie
ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,
des grands volcans de son pays natal ?
Venez voir le sang dans les rues,
venez voirle sang dans les rues,
venez voirle sang dans les rues ! 2
Laissez-moi préciser qu’en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l’Espagne républicaine à l’Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c’est parce que je n’ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d’un bombardement de civils.
J’ai dit tout à l’heure que les États-Unis étaient désormais d’une franchise totale et jouaient cartes sur table. C’est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une « full spectrum dominance » (une domination totale sur tous les fronts). L’expression n’est pas de moi, elle est d’eux. « Full spectrum dominance », cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l’espace et de toutes les ressources qui vont avec.
Les États-Unis occupent aujourd’hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l’honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c’est qu’ils y sont.
Les États-Unis détiennent 8000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2000 sont en état d’alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d’avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de « bunker busters » (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l’intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c’est que cette folie infantile – détenir des armes nucléaires et menacer de s’en servir – est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.
Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l’état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente – pas encore. Cela dit, l’angoisse, l’incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s’atténuer.
Je sais que le Président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j’aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu’il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l’imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d’un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.
« Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n’en avait pas. C’était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d’une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l’autorité morale. Vous voyez ce poing ? C’est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l’oublier. »
La vie d’un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L’écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection – sauf si vous mentez – auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.
J’ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir.Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé « Mort ».
Où a-t-on trouvé le cadavre ?
Qui a trouvé le cadavre ?
Le cadavre était-il mort quand on l’a trouvé ?
Comment a-t-on trouvé le cadavre ?
Qui était le cadavre ?
Qui était le père ou la fille ou le frère
Ou l’oncle ou la sœur ou la mère ou le fils
Du cadavre abandonné ?
Le corps était-il mort quand on l’a abandonné ?
Le corps était-il abandonné ?
Par qui avait-il été abandonné ?
Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage ?
Qu’est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l’avez déclaré mort ?
Le cadavre, vous l’avez déclaré mort ?
Vous le connaissiez bien, le cadavre ?
Comment saviez-vous que le cadavre était mort ?
Avez-vous lavé le cadavre
Avez-vous fermé ses deux yeux
Avez-vous enterré le corps
L’avez-vous laissé à l’abandon
Avez-vous embrassé le cadavre
Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l’image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d’un millimètre et l’image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets.Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir – car c’est de l’autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.
Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.
Si une telle détermination ne s’incarne pas dans notre vision politique, nous n’avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre – notre dignité d’homme.
1. Harold Pinter : Le Retour. Traduction Éric Kahane. Gallimard, 1969.
2. Pablo Neruda : « J’explique certaines choses », dans Résidence sur la terre, III. Traduction Guy Suarès. Gallimard, 1972.
Traduction Séverine Magois
(Retirado daqui)
Monday, December 12, 2005
Sunday, December 11, 2005
Crónica de Uma Fidelidade (4)
O ano de 1976 inaugurou uma longa travessia do deserto. No final dessa caminhada, dez anos depois, em 1986, uma parte significativa daqueles que dirigiram o processo de criação e extinção do MES (Movimento de Esquerda Socialista), havia de aderir ao PS. Mas o período crucial, no qual amadureceu essa decisão, culminou, de facto, em 1979. Lá iremos mais tarde.
Em 1976 ocorreu uma fase crucial da consolidação do regime de democracia representativa em Portugal. Nele avultam três acontecimentos relevantes: a aprovação, em 2 de Abril de 1976, da Constituição Democrática, as primeiras eleições legislativas, em 25 de Abril e as primeiras eleições presidenciais, em 27 de Junho, nas quais seria eleito Ramalho Eanes.
Duas notas a propósito de cada um destes eventos. A primeira para assinalar que a maioria do eleitorado tinha, nas eleições para a Assembleia Constituinte, realizadas a 25 de Abril de 1975, consagrado o PS como o Partido mais votado e arredado o MES da Assembleia Constituinte para a qual não conseguiu eleger qualquer deputado. Como consequência o MES não participou nos trabalhos de elaboração da Constituição da República de 1976.
Curiosamente a UDP, com menos votos que o MES, a nível nacional, elegeu um deputado, sendo beneficiada pela concentração da sua votação em Lisboa. Este resultado eleitoral negativo muito contribuiu para reforçar a convicção, entre muitos de nós, de que se aproximava o fim da experiência do MES.
A segunda nota para assinalar que, nas primeiras eleições legislativas, realizadas a 25 de Abril de 1976, o MES obteve um resultado ainda menos expressivo do que aquele que tinha obtido nas Eleições para a Assembleia Constituinte, voltando a não eleger qualquer deputado.
Por último o MES apoiou a candidatura presidencial do Otelo, facto inevitável e entusiasmante, que, apesar das circunstâncias adversas, permitiu reforçar a demarcação face ao PCP, no qual nunca nos tínhamos revisto e, apesar da derrota, alimentar, nalguns, atendendo à significativa votação obtida, (16,2%, correspondendo a 792.760 votos) a ideia de que seria ainda viável construir uma alternativa política ao PCP, fora da área da influência do PS.
Estes factos conjugados com a deriva esquerdista que persistia, desde os inícios de 1975, pretendendo iludir a realidade emergente do 25 de Novembro desse ano, das eleições para a Assembleia Constituinte de 25 de Abril de 1975, da aprovação da Constituição e das eleições legislativas, um ano depois, conduziu ao atraso do processo de reflexão que conduziria à extinção do MES.
Esse atraso permitiu, no entanto, revelar alguns aspectos da postura política do MES, pouco conhecidos, mas relevantes para a vida futura daqueles que nele militavam.
A recusa, liminar, em participar em qualquer movimento de reacção violenta, orgânico ou inorgânico, à vitória do PS de Mário Soares nas eleições livres e democráticas – ou seja o estrito respeito pela vontade do povo expressa pelo voto e a recusa em integrar o PCP, fosse por via negocial ou por um processo de adesão a “conta gotas”.
O que quero enfatizar é a permanência, ao longo do tempo, no essencial, de uma fidelidade aos princípios fundadores do MES, mais próximos de uma ideologia libertária, que tinha perdido, em Portugal, qualquer expressão política organizada, e a recusa, ideológica e política, no alinhamento com facções de cariz totalitário, fundadas no marxismo leninismo que orientou a acção da maioria dos restantes grupos e partidos da chamada extrema esquerda.
A linguagem revolucionária no MES, indubitavelmente presente na maioria dos seus documentos e discursos políticos da época, que ganhou especial virulência no chamado “verão quente” de 1975, nunca deixou de ser um “pastiche”, ou seja, uma linguagem que se limitava a imitar a linguagem dominante da esquerda revolucionária da moda.
Assim se compreenderá melhor, quer a nula adesão, após a extinção do MES, dos seus membro ao PCP ou a partidos da extrema esquerda, que persistiram até aos nossos dias (plasmados no BE), quer a posterior adesão, de uma parte significativa dos seus dirigentes mais influentes, ao PS ou, na maior parte dos casos, a sua não afiliação em qualquer outro partido. As poucas excepções só confirmam a regra.
Talvez o tempo fale por si acerca do processo e do amadurecimento das nossas opções. No contexto fulminante, em que o tempo fugia debaixo dos nossos pés, o que é, aliás, uma característica destes períodos de revolução, conduzimos, com surpreendente lentidão, o processo de transição para o que muitos designam, pejorativamnete, como a social democracia mas que, de facto, foi o regresso ao lugar das nossas origens sociais e da essência das nossas mais profundas convicções ideológicas e políticas. Falo por mim e, certamente, vou ao encontro do que sentiram e pensaram muitos daqueles que partilharam, no essencial, o mesmo caminho com todas as diferenças pessoais que se possam encontrar.
Alguns outros foram mais expeditos em se filiarem no PS, tal como o grupo designado por GIS, encabeçado por Jorge Sampaio, que por razão de um mais precoce amadurecimento pessoal e esclarecimento ideológico, ou por necessidade de colocarem os seus méritos ao serviço da solução democrática vitoriosa ou, ainda, por vontade de protagonismo político, se afadigaram em buscar, rapidamente e em força, a bênção do PS, de Mário Soares.
A maioria daqueles que se mantiveram no MES, até ao fim, foram mais tardios na adesão ao PS, embora tenham, na prática, realizado o mesmo percurso.
É curioso, no entanto, que nenhum de nós tenha, até ao presente, encontrado no PS o remanso para a plena concretização das suas aspirações políticas. Alguns episódios recentes demonstram que, tendo mudado de natureza, não se apagaram as diferenças entre as diversas correntes do pensamento socialista, em particular, no que respeita à definição do papel do Partido Socialista na luta pela justiça, pela democracia e pela liberdade.
E que, ainda mais, se agudizam as diferenças quando se trata de configurar políticas concretas, avaliar comportamentos éticos ou encetar políticas de aprofundamento e consolidação do regime democrático. Mas esta é uma abordagem que se situa muito mais próxima dos acontecimentos que têm sido vividos, na política portuguesa, nos tempos mais próximos e que não vêm agora ao caso.
Não esqueço ainda aqueles que conheci no MES e que, até hoje, se têm mantido sempre à margem de qualquer compromisso partidário entre os quais se encontram alguns que nunca votaram, em qualquer eleição, desde 1976, e sempre se mostraram resistentes em aceitar as fórmulas políticas de compromisso que se encontram plasmadas nos diversos modelos da democracia representativa.
Devo dizer que nutro por eles a maior das admirações tanto mais que são os únicos que levaram até ao fim, de forma pacífica, o seu protesto pela morte de uma utopia que nos irmanou a todos num longo e intenso período das nossas vidas.
Resumindo: em 1976, na sequência da aprovação da Constituição, as eleições legislativas foram ganhas pelo PS, de Mário Soares, e as presidenciais foram vencidas pelo general Eanes, representando a solução política militar moderada para a crise.
O MES foi afastado do parlamento nas eleições legislativas de 25 de Abril, apoiou a candidatura presidencial de Otelo tendo rompido, de seguida, de forma radical, com qualquer devaneio de oposição violenta ao modelo político de democracia representativa em fase de consolidação.
Mário Soares tomou posse, em 23 de Setembro, como Primeiro-ministro à frente do I Governo Constitucional.
Amadureciam, assim, as condições para se tomasse a sério a ideia de por fim à experiência do MES o que requeria previamente concretizar, de forma explícita, uma ruptura política e ideológica com o passado. Foi o que aconteceu no decurso do ano de 1977.
Cronologia breve dos acontecimentos políticos relevantes do ano de 1976.
Em 1976 ocorreu uma fase crucial da consolidação do regime de democracia representativa em Portugal. Nele avultam três acontecimentos relevantes: a aprovação, em 2 de Abril de 1976, da Constituição Democrática, as primeiras eleições legislativas, em 25 de Abril e as primeiras eleições presidenciais, em 27 de Junho, nas quais seria eleito Ramalho Eanes.
Duas notas a propósito de cada um destes eventos. A primeira para assinalar que a maioria do eleitorado tinha, nas eleições para a Assembleia Constituinte, realizadas a 25 de Abril de 1975, consagrado o PS como o Partido mais votado e arredado o MES da Assembleia Constituinte para a qual não conseguiu eleger qualquer deputado. Como consequência o MES não participou nos trabalhos de elaboração da Constituição da República de 1976.
Curiosamente a UDP, com menos votos que o MES, a nível nacional, elegeu um deputado, sendo beneficiada pela concentração da sua votação em Lisboa. Este resultado eleitoral negativo muito contribuiu para reforçar a convicção, entre muitos de nós, de que se aproximava o fim da experiência do MES.
A segunda nota para assinalar que, nas primeiras eleições legislativas, realizadas a 25 de Abril de 1976, o MES obteve um resultado ainda menos expressivo do que aquele que tinha obtido nas Eleições para a Assembleia Constituinte, voltando a não eleger qualquer deputado.
Por último o MES apoiou a candidatura presidencial do Otelo, facto inevitável e entusiasmante, que, apesar das circunstâncias adversas, permitiu reforçar a demarcação face ao PCP, no qual nunca nos tínhamos revisto e, apesar da derrota, alimentar, nalguns, atendendo à significativa votação obtida, (16,2%, correspondendo a 792.760 votos) a ideia de que seria ainda viável construir uma alternativa política ao PCP, fora da área da influência do PS.
Estes factos conjugados com a deriva esquerdista que persistia, desde os inícios de 1975, pretendendo iludir a realidade emergente do 25 de Novembro desse ano, das eleições para a Assembleia Constituinte de 25 de Abril de 1975, da aprovação da Constituição e das eleições legislativas, um ano depois, conduziu ao atraso do processo de reflexão que conduziria à extinção do MES.
Esse atraso permitiu, no entanto, revelar alguns aspectos da postura política do MES, pouco conhecidos, mas relevantes para a vida futura daqueles que nele militavam.
A recusa, liminar, em participar em qualquer movimento de reacção violenta, orgânico ou inorgânico, à vitória do PS de Mário Soares nas eleições livres e democráticas – ou seja o estrito respeito pela vontade do povo expressa pelo voto e a recusa em integrar o PCP, fosse por via negocial ou por um processo de adesão a “conta gotas”.
O que quero enfatizar é a permanência, ao longo do tempo, no essencial, de uma fidelidade aos princípios fundadores do MES, mais próximos de uma ideologia libertária, que tinha perdido, em Portugal, qualquer expressão política organizada, e a recusa, ideológica e política, no alinhamento com facções de cariz totalitário, fundadas no marxismo leninismo que orientou a acção da maioria dos restantes grupos e partidos da chamada extrema esquerda.
A linguagem revolucionária no MES, indubitavelmente presente na maioria dos seus documentos e discursos políticos da época, que ganhou especial virulência no chamado “verão quente” de 1975, nunca deixou de ser um “pastiche”, ou seja, uma linguagem que se limitava a imitar a linguagem dominante da esquerda revolucionária da moda.
Assim se compreenderá melhor, quer a nula adesão, após a extinção do MES, dos seus membro ao PCP ou a partidos da extrema esquerda, que persistiram até aos nossos dias (plasmados no BE), quer a posterior adesão, de uma parte significativa dos seus dirigentes mais influentes, ao PS ou, na maior parte dos casos, a sua não afiliação em qualquer outro partido. As poucas excepções só confirmam a regra.
Talvez o tempo fale por si acerca do processo e do amadurecimento das nossas opções. No contexto fulminante, em que o tempo fugia debaixo dos nossos pés, o que é, aliás, uma característica destes períodos de revolução, conduzimos, com surpreendente lentidão, o processo de transição para o que muitos designam, pejorativamnete, como a social democracia mas que, de facto, foi o regresso ao lugar das nossas origens sociais e da essência das nossas mais profundas convicções ideológicas e políticas. Falo por mim e, certamente, vou ao encontro do que sentiram e pensaram muitos daqueles que partilharam, no essencial, o mesmo caminho com todas as diferenças pessoais que se possam encontrar.
Alguns outros foram mais expeditos em se filiarem no PS, tal como o grupo designado por GIS, encabeçado por Jorge Sampaio, que por razão de um mais precoce amadurecimento pessoal e esclarecimento ideológico, ou por necessidade de colocarem os seus méritos ao serviço da solução democrática vitoriosa ou, ainda, por vontade de protagonismo político, se afadigaram em buscar, rapidamente e em força, a bênção do PS, de Mário Soares.
A maioria daqueles que se mantiveram no MES, até ao fim, foram mais tardios na adesão ao PS, embora tenham, na prática, realizado o mesmo percurso.
É curioso, no entanto, que nenhum de nós tenha, até ao presente, encontrado no PS o remanso para a plena concretização das suas aspirações políticas. Alguns episódios recentes demonstram que, tendo mudado de natureza, não se apagaram as diferenças entre as diversas correntes do pensamento socialista, em particular, no que respeita à definição do papel do Partido Socialista na luta pela justiça, pela democracia e pela liberdade.
E que, ainda mais, se agudizam as diferenças quando se trata de configurar políticas concretas, avaliar comportamentos éticos ou encetar políticas de aprofundamento e consolidação do regime democrático. Mas esta é uma abordagem que se situa muito mais próxima dos acontecimentos que têm sido vividos, na política portuguesa, nos tempos mais próximos e que não vêm agora ao caso.
Não esqueço ainda aqueles que conheci no MES e que, até hoje, se têm mantido sempre à margem de qualquer compromisso partidário entre os quais se encontram alguns que nunca votaram, em qualquer eleição, desde 1976, e sempre se mostraram resistentes em aceitar as fórmulas políticas de compromisso que se encontram plasmadas nos diversos modelos da democracia representativa.
Devo dizer que nutro por eles a maior das admirações tanto mais que são os únicos que levaram até ao fim, de forma pacífica, o seu protesto pela morte de uma utopia que nos irmanou a todos num longo e intenso período das nossas vidas.
Resumindo: em 1976, na sequência da aprovação da Constituição, as eleições legislativas foram ganhas pelo PS, de Mário Soares, e as presidenciais foram vencidas pelo general Eanes, representando a solução política militar moderada para a crise.
O MES foi afastado do parlamento nas eleições legislativas de 25 de Abril, apoiou a candidatura presidencial de Otelo tendo rompido, de seguida, de forma radical, com qualquer devaneio de oposição violenta ao modelo político de democracia representativa em fase de consolidação.
Mário Soares tomou posse, em 23 de Setembro, como Primeiro-ministro à frente do I Governo Constitucional.
Amadureciam, assim, as condições para se tomasse a sério a ideia de por fim à experiência do MES o que requeria previamente concretizar, de forma explícita, uma ruptura política e ideológica com o passado. Foi o que aconteceu no decurso do ano de 1977.
Cronologia breve dos acontecimentos políticos relevantes do ano de 1976.
Thursday, December 08, 2005
JOHN LENNON
MÁRIO LOPES - "PUBLICO" - 8 DE DEZEMBRO DE 2005
Ex-Beatle foi assassinado há 25 anos - Vinte e cinco anos depois, quem é John Lennon? A imagem que dele se guarda é a do activista cantando. Imagine ao piano. A música que dele se ouve é a criada com os Beatles.
John Lennon é hoje, felizmente, um mito paradoxal
Uma voz na cabeça de Mark Chapman impelia-o a não ter contemplações. Falhara umas horas antes, quando pediu a Lennon que lhe autografasse Double Fantasy. Não podia falhar agora, quando o ex-Beatle por ele passava à entrada do Dakota Building, em Nova Iorque, de regresso a casa depois de uma rotineira sessão de gravação. Cinco tiros e cumpria o que as vozes lhe exigiam: matar o mito a que moldou a sua vida e que havia descoberto ser, afinal, um embuste.
Tragicamente, os tiros de Mark Chapman foram certeiros - ainda assim, falhou o alvo. Matou o homem, assinalou o nascimento definitivo do mito. A 8 de Dezembro de 1980, morreu o Beatle genial com uma errática carreira a solo, nasceu o Lennon que se implantou no imaginário comum sentado ao piano branco de Imagine.
Vinte e cinco anos depois da sua morte, quem é John Lennon? Muitas coisas, tal como o foi em vida. O activista liderando manifestações nas ruas enquanto declarava que "a propriedade não são nove décimos da lei, são nove décimos do problema", o vanguardista psicadélico criando obras-primas como A day in the life ou Tomorrow never knows e justificando-as resgatando o surrealismo como influência ("com ele percebi que as imagens na minha cabeça não eram sinal de insanidade"), o iconoclasta provocando um auto-de-fé contra os Beatles ("neste momento somos mais populares que Jesus; não sei quem desaparecerá primeiro, o rock"n"roll ou o cristianismo") ou o introspectivo dos primeiros anos a solo, utilizando a música como terapia para se libertar dos seus demónios interiores ("I don"t believe in Beatles/ Just believe in me/ Yoko and me", cantou em God).
Uma personalidade contraditória
Lennon foi e continua a ser tudo isso: um músico inigualável e uma personalidade fascinante e contraditória, como obrigatório em alguém que, como poucos outros, foi reflexo e impulsionador de uma época de profundas e convulsivas revoluções sociais e culturais. Claro que o processo de mitificação, coisa perversa por natureza, tudo simplifica e suaviza na criação de uma imagem apreendida por todos como unívoca. Exemplos disso mesmo não faltam - e não precisamos de sair do universo da pop.
Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain ou Bob Marley, tudo nomes que, pelo cenário da morte, viram a sua vida e obra reduzidas no imaginário colectivo a uma série de clichés que, sendo verdadeiros, são também extremamente redutores. Dir-se-ia que com Lennon, cujo legado e imagem vem sendo perpetuado à imagem de Yoko Ono, se passa o mesmo. Contudo, há neste caso um pequeno grande pormenor que tudo altera. John Lennon foi vocalista, guitarrista e um dos principais compositores da mais importante banda de todos os tempos, os Beatles, e isso, obviamente, faz toda a diferença.
O Lennon a que todos recorrem quando o seu nome é evocado é o do activista pela paz, o de Imagine e de Give Peace A Chance, o homem de barbas e cabelo longo passando mensagens ao mundo, com Yoko, na cama de um hotel em Montreal. A música de John Lennon que ouvimos, por sua vez, é a criada com Paul McCartney, George Harrison e Ringo Starr - como o comprovam as vendas residuais das reedições e compilações da sua obra a solo, em contraste com as quantidades impressionantes de CD dos Beatles que continuam diariamente a voar das lojas.
Vinte e cinco anos depois da sua morte, Lennon é um mito paradoxal que, pela riqueza da sua obra e pela peculiaridade do seu percurso, escapa à unidimensionalidade. Ainda bem que assim é. O homem que certo dia afirmou "uma parte de mim suspeita que sou um falhado, a outra acha que sou Deus todo-poderoso", decerto apreciaria não ser engavetado em local seguro e imutável.
Ex-Beatle foi assassinado há 25 anos - Vinte e cinco anos depois, quem é John Lennon? A imagem que dele se guarda é a do activista cantando. Imagine ao piano. A música que dele se ouve é a criada com os Beatles.
John Lennon é hoje, felizmente, um mito paradoxal
Uma voz na cabeça de Mark Chapman impelia-o a não ter contemplações. Falhara umas horas antes, quando pediu a Lennon que lhe autografasse Double Fantasy. Não podia falhar agora, quando o ex-Beatle por ele passava à entrada do Dakota Building, em Nova Iorque, de regresso a casa depois de uma rotineira sessão de gravação. Cinco tiros e cumpria o que as vozes lhe exigiam: matar o mito a que moldou a sua vida e que havia descoberto ser, afinal, um embuste.
Tragicamente, os tiros de Mark Chapman foram certeiros - ainda assim, falhou o alvo. Matou o homem, assinalou o nascimento definitivo do mito. A 8 de Dezembro de 1980, morreu o Beatle genial com uma errática carreira a solo, nasceu o Lennon que se implantou no imaginário comum sentado ao piano branco de Imagine.
Vinte e cinco anos depois da sua morte, quem é John Lennon? Muitas coisas, tal como o foi em vida. O activista liderando manifestações nas ruas enquanto declarava que "a propriedade não são nove décimos da lei, são nove décimos do problema", o vanguardista psicadélico criando obras-primas como A day in the life ou Tomorrow never knows e justificando-as resgatando o surrealismo como influência ("com ele percebi que as imagens na minha cabeça não eram sinal de insanidade"), o iconoclasta provocando um auto-de-fé contra os Beatles ("neste momento somos mais populares que Jesus; não sei quem desaparecerá primeiro, o rock"n"roll ou o cristianismo") ou o introspectivo dos primeiros anos a solo, utilizando a música como terapia para se libertar dos seus demónios interiores ("I don"t believe in Beatles/ Just believe in me/ Yoko and me", cantou em God).
Uma personalidade contraditória
Lennon foi e continua a ser tudo isso: um músico inigualável e uma personalidade fascinante e contraditória, como obrigatório em alguém que, como poucos outros, foi reflexo e impulsionador de uma época de profundas e convulsivas revoluções sociais e culturais. Claro que o processo de mitificação, coisa perversa por natureza, tudo simplifica e suaviza na criação de uma imagem apreendida por todos como unívoca. Exemplos disso mesmo não faltam - e não precisamos de sair do universo da pop.
Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain ou Bob Marley, tudo nomes que, pelo cenário da morte, viram a sua vida e obra reduzidas no imaginário colectivo a uma série de clichés que, sendo verdadeiros, são também extremamente redutores. Dir-se-ia que com Lennon, cujo legado e imagem vem sendo perpetuado à imagem de Yoko Ono, se passa o mesmo. Contudo, há neste caso um pequeno grande pormenor que tudo altera. John Lennon foi vocalista, guitarrista e um dos principais compositores da mais importante banda de todos os tempos, os Beatles, e isso, obviamente, faz toda a diferença.
O Lennon a que todos recorrem quando o seu nome é evocado é o do activista pela paz, o de Imagine e de Give Peace A Chance, o homem de barbas e cabelo longo passando mensagens ao mundo, com Yoko, na cama de um hotel em Montreal. A música de John Lennon que ouvimos, por sua vez, é a criada com Paul McCartney, George Harrison e Ringo Starr - como o comprovam as vendas residuais das reedições e compilações da sua obra a solo, em contraste com as quantidades impressionantes de CD dos Beatles que continuam diariamente a voar das lojas.
Vinte e cinco anos depois da sua morte, Lennon é um mito paradoxal que, pela riqueza da sua obra e pela peculiaridade do seu percurso, escapa à unidimensionalidade. Ainda bem que assim é. O homem que certo dia afirmou "uma parte de mim suspeita que sou um falhado, a outra acha que sou Deus todo-poderoso", decerto apreciaria não ser engavetado em local seguro e imutável.
Monday, December 05, 2005
Crónica de Uma Fidelidade (3)
Em Portugal, 1975 foi, no plano político, o ano de todos os desassossegos, de todas as expectativas, ilusões e desilusões. Os acontecimentos mais relevantes têm sido relatados abundantemente em trabalhos, depoimentos e tomadas de posição das mais variadas naturezas.
Todos, e cada um dos protagonistas, têm as suas histórias para contar mas o essencial é do conhecimento comum.
Após o 25 de Abril de 1974 os campos extremaram-se. Ao longo dos meses, desse ano memorável, sucederam-se os golpes e os contra golpes. O poder militar dividiu-se entre os que advogavam uma transição pacífica para um regime de democracia representativa e aqueles que acreditavam na viabilidade de um “poder popular”, regime fundado num misto da tradição militarista e do anarquismo que tinham, décadas atrás, feito história em Portugal.
Já descrevi, anteriormente, como o MES perdeu, no seu Congresso fundador, em Dezembro de 1974, a oportunidade de enveredar por uma orientação que o teria levado a alinhar, desde logo, muito provavelmente, com o PS.
O I Congresso do PS, na legalidade, correu dias depois e soube, há pouco tempo, pela boca de Manuel Serra, que a “entrada” do MES no PS chegou a ser discutida entre dirigentes do MES, quais não sei, e ele próprio, enquanto dirigente máximo da FSP.
Nada seria mais difícil e doloroso para a maioria dos jovens, que tinham aderido ao MES, entre os quais me encontrava, viabilizar essa solução, atendendo à própria natureza do MES assente em três correntes, emergentes de pujantes e radicais lutas de base, as correntes católica, operária e estudantil.
Durante 11 meses, de Dezembro de 1974 até Novembro de 1975, vivemos entre a espada de um movimento popular radicalizado, nos limites do tolerável por uma sociedade organizada e de matriz conservadora, e a parede da abdicação face a um compromisso revolucionário que muitos de nós, ao longo dos meses, fomos sentindo, de facto, inviável.
Uns mais cedo do que outros fomos levados a admitir que chegaria o momento de um ajuste de contas, que poderia ser sangrento, caso se não desse o milagre de uma qualquer interposição moderadora do conflito que crescia e transbordava, em particular, no seio das forças armadas.
Chagados aos finais de Novembro de 1975, passaram agora 30 anos, tudo se resolveu pela vitória das forças que defendiam o modelo político da democracia representativa. Honra seja feita aos papéis desempenhados por Melo Antunes e Mário Soares. Um fazendo vencer as teses moderadas nas Forças Armadas e o outro liderando o movimento civil que havia de criar uma força, de que o PS foi a coluna vertebral, capaz de vencer e convencer a maioria em favor do modelo democrático.
Na madrugada de 25 de Novembro de 1975, algures num apartamento na cidade de Lisboa, acompanhado de outros activistas, antevi a viragem que, certamente, havia de ter contado com a própria mudança de posição política do PCP.
Lembro-me de em determinado momento dessa madrugada de 25 de Novembro ter decidido sair do apartamento, no qual me tinha recolhido, vencido mas não convencido, ter rumado a casa, atravessando a cidade de ponta a ponta, de carro, apesar do estado de sítio que tinha sido, ou estava para ser decretado, com uma profunda angústia cravada no peito, fazendo todo o percurso sem ser incomodado por ninguém.
Dormi como um justo. Nessa noite tinha tomado a consciência difusa de que tudo o que pudesse fazer, daí em diante, seria somente um caminho para salvar as aparências de uma escolha passada sem aderência aos sentimentos e expectativas da maioria do povo português.
O vencedor havia sido o PS e o obreiro dessa vitória política da democracia representativa, em Portugal, foi Mário Soares. Como tenho dito sempre, não me arrependo das ideias, nem das acções que empreendi e nas quais participei, mas reconheço que a razão estava do outro lado.
Aliás ainda durante o ano de 1977, como relatarei mais tarde, contribuí, de forma explícita e documentada, no seio do MES, para fazer triunfar a tese de que a democracia representativa iria triunfar e consolidar-se em Portugal.
Todos, e cada um dos protagonistas, têm as suas histórias para contar mas o essencial é do conhecimento comum.
Após o 25 de Abril de 1974 os campos extremaram-se. Ao longo dos meses, desse ano memorável, sucederam-se os golpes e os contra golpes. O poder militar dividiu-se entre os que advogavam uma transição pacífica para um regime de democracia representativa e aqueles que acreditavam na viabilidade de um “poder popular”, regime fundado num misto da tradição militarista e do anarquismo que tinham, décadas atrás, feito história em Portugal.
Já descrevi, anteriormente, como o MES perdeu, no seu Congresso fundador, em Dezembro de 1974, a oportunidade de enveredar por uma orientação que o teria levado a alinhar, desde logo, muito provavelmente, com o PS.
O I Congresso do PS, na legalidade, correu dias depois e soube, há pouco tempo, pela boca de Manuel Serra, que a “entrada” do MES no PS chegou a ser discutida entre dirigentes do MES, quais não sei, e ele próprio, enquanto dirigente máximo da FSP.
Nada seria mais difícil e doloroso para a maioria dos jovens, que tinham aderido ao MES, entre os quais me encontrava, viabilizar essa solução, atendendo à própria natureza do MES assente em três correntes, emergentes de pujantes e radicais lutas de base, as correntes católica, operária e estudantil.
Durante 11 meses, de Dezembro de 1974 até Novembro de 1975, vivemos entre a espada de um movimento popular radicalizado, nos limites do tolerável por uma sociedade organizada e de matriz conservadora, e a parede da abdicação face a um compromisso revolucionário que muitos de nós, ao longo dos meses, fomos sentindo, de facto, inviável.
Uns mais cedo do que outros fomos levados a admitir que chegaria o momento de um ajuste de contas, que poderia ser sangrento, caso se não desse o milagre de uma qualquer interposição moderadora do conflito que crescia e transbordava, em particular, no seio das forças armadas.
Chagados aos finais de Novembro de 1975, passaram agora 30 anos, tudo se resolveu pela vitória das forças que defendiam o modelo político da democracia representativa. Honra seja feita aos papéis desempenhados por Melo Antunes e Mário Soares. Um fazendo vencer as teses moderadas nas Forças Armadas e o outro liderando o movimento civil que havia de criar uma força, de que o PS foi a coluna vertebral, capaz de vencer e convencer a maioria em favor do modelo democrático.
Na madrugada de 25 de Novembro de 1975, algures num apartamento na cidade de Lisboa, acompanhado de outros activistas, antevi a viragem que, certamente, havia de ter contado com a própria mudança de posição política do PCP.
Lembro-me de em determinado momento dessa madrugada de 25 de Novembro ter decidido sair do apartamento, no qual me tinha recolhido, vencido mas não convencido, ter rumado a casa, atravessando a cidade de ponta a ponta, de carro, apesar do estado de sítio que tinha sido, ou estava para ser decretado, com uma profunda angústia cravada no peito, fazendo todo o percurso sem ser incomodado por ninguém.
Dormi como um justo. Nessa noite tinha tomado a consciência difusa de que tudo o que pudesse fazer, daí em diante, seria somente um caminho para salvar as aparências de uma escolha passada sem aderência aos sentimentos e expectativas da maioria do povo português.
O vencedor havia sido o PS e o obreiro dessa vitória política da democracia representativa, em Portugal, foi Mário Soares. Como tenho dito sempre, não me arrependo das ideias, nem das acções que empreendi e nas quais participei, mas reconheço que a razão estava do outro lado.
Aliás ainda durante o ano de 1977, como relatarei mais tarde, contribuí, de forma explícita e documentada, no seio do MES, para fazer triunfar a tese de que a democracia representativa iria triunfar e consolidar-se em Portugal.
Saturday, December 03, 2005
O MEU TIO VENTURA
“Miséria deste século. Ainda não há muito tempo eram as más acções que precisavam de ser justificadas, hoje são as boas.”
Albert Camus
Neste mês de Dezembro cumpre-se o terceiro aniversário de um conjunto de acontecimentos da maior gravidade para a democracia portuguesa. Com o governo de Durão Barroso, há poucos meses no exercício de funções, o discurso da “pesada herança” tornou-se uma âncora da acção governativa.
A sociedade portuguesa entrou, de forma vertiginosa, num ambiente de descrença e a economia precipitou-se no abismo da recessão. A imagem internacional do país caiu a pique, as opções políticas reformistas, (”reformas estruturais”, contenção da despesa pública, …) nunca foram convincentes e um conjunto de “casos de justiça” agravaram brutalmente o desânimo nacional.
Sabemos, hoje, por comparação com a política do governo socialista, actualmente em funções, que, afinal, os governos de direita, entre Março de 2002 e Fevereiro de 2005, nunca ambicionaram mais do que realizar uma cosmética de acção reformista tendo em vista facilitar operações de “engenharia sortida” favorecendo a chamada direita dos interesses.
Entretanto, como que por acaso, a direcção política do PS foi decapitada, através do processo “Casa Pia”, tendo sido lançados na lama a honorabilidade pessoal e política dos seus dirigentes de topo, Ferro Rodrigues e Paulo Pedroso.
O país tem vindo a aprender, desde o início de 2002, com o sacrifício de inúmeras vítimas inocentes, que o exercício do poder, para alguns, não incorpora uma verdadeira defesa do interesse público mas, pelo contrário, o favorecimento de inconfessáveis interesses particulares ou de grupo.
Não falo em nomes de pessoas, nem de partidos, nem de instituições, pois mais parece estarmos perante um “polvo” cujos tentáculos se estendem em todas as direcções. Só assim se explicam as contínuas, sistemáticas e cirúrgicas fugas de informação, com quebra do segredo de justiça, os julgamentos políticos na praça pública, os erros grosseiros na condução de processos, envolvendo a honra e a vida de cidadãos presumivelmente inocentes, e o seráfico comprazimento dos responsáveis perante os efeitos da usura do tempo na descoberta da verdade, contribuindo para o desprestígio e enfraquecimento do regime democrático.
Foi em Dezembro de 2002 que também foram divulgadas notícias - uma das quais fazendo manchete no DN - lançando suspeitas acerca da minha própria honorabilidade pessoal e profissional, na gestão do INATEL, assim como de outros responsáveis que comigo partilharam aquele desafio. Aguardo, pacientemente, três anos passados, o esclarecimento da verdade, nas suas sedes próprias.
Entretanto, atendendo à época, aqui vos deixo uma reflexão, em jeito de metáfora, que escrevi a propósito das últimas autárquicas, mas que se aplica, na perfeição, às próximas eleições presidenciais.
“O meu tio Ventura, noutros tempos, foi regedor. Lembro-me de discutir política com ele. No tempo da ditadura. As minhas ideias deviam soar-lhe a utopias sem raízes na terra seca que cultivava. As dele soavam-me ao velho mundo que, para mim, estava para sucumbir. Não sabia a data, nem o modo, mas estava para acabar. Eu, na verdade, não sabia nada da vida. Mas tinha convicções fortes e ele gostava de me ouvir. Eu, pelo meu lado, gostava de o ouvir falar.
Mesmo hoje, nos seus mais de 90 anos, gosto do seu discurso enérgico. Com ele compreendi que somos, sempre, ao mesmo tempo, derrotados e vencedores. Nunca definitivamente derrotados, nem nunca definitivamente vencedores. Aprendi que é possível um radicalismo tolerante. Ou uma tolerância radical. Ser-mos absolutamente contra, aceitando as diferenças. Exigir aos outros que nos aceitem e exigir, a nós próprios, a aceitação dos outros. Sempre, toda a vida, sem quebras nem desfalecimentos.
Por isso compreendo que, nas eleições democráticas, todos os concorrentes se declarem vencedores mesmo que tenham sido vencidos. Todos compreendemos que é um jogo. Com ele os homens evitam digladiar-se através da violência física. As eleições democráticas são um ritual de tolerância mesmo quando as vozes se elevam mais alto e estalam as recriminações.
Mesmo quando são eleitos aqueles que julgamos desmerecer do voto popular. Mesmo depois de ter votado tanta vez sinto orgulho na democracia portuguesa e um prazer especial no acto de votar.
Sinto-me constrangido ao ler tanta abjecção intelectual, tanta intolerância, face às imperfeições do homem - candidatos e eleitores - que se revelam, abertamente, na disputa democrática. Os críticos, descrentes, abstinentes, ausentes e presentes não se observam a si próprios?
Eu sempre votei como se fosse colocar uma flor aos pés de um corpo perfeito de mulher.”
(A imagem de mulher, Fotografia de Bogdan Jarocki, pode ser encontrada no meu blogue pessoal www.absorto.blogspot.com)
Artigo publicado na edição de 2 de Dezembro de 2006 do "Semanário Económico".
Albert Camus
Neste mês de Dezembro cumpre-se o terceiro aniversário de um conjunto de acontecimentos da maior gravidade para a democracia portuguesa. Com o governo de Durão Barroso, há poucos meses no exercício de funções, o discurso da “pesada herança” tornou-se uma âncora da acção governativa.
A sociedade portuguesa entrou, de forma vertiginosa, num ambiente de descrença e a economia precipitou-se no abismo da recessão. A imagem internacional do país caiu a pique, as opções políticas reformistas, (”reformas estruturais”, contenção da despesa pública, …) nunca foram convincentes e um conjunto de “casos de justiça” agravaram brutalmente o desânimo nacional.
Sabemos, hoje, por comparação com a política do governo socialista, actualmente em funções, que, afinal, os governos de direita, entre Março de 2002 e Fevereiro de 2005, nunca ambicionaram mais do que realizar uma cosmética de acção reformista tendo em vista facilitar operações de “engenharia sortida” favorecendo a chamada direita dos interesses.
Entretanto, como que por acaso, a direcção política do PS foi decapitada, através do processo “Casa Pia”, tendo sido lançados na lama a honorabilidade pessoal e política dos seus dirigentes de topo, Ferro Rodrigues e Paulo Pedroso.
O país tem vindo a aprender, desde o início de 2002, com o sacrifício de inúmeras vítimas inocentes, que o exercício do poder, para alguns, não incorpora uma verdadeira defesa do interesse público mas, pelo contrário, o favorecimento de inconfessáveis interesses particulares ou de grupo.
Não falo em nomes de pessoas, nem de partidos, nem de instituições, pois mais parece estarmos perante um “polvo” cujos tentáculos se estendem em todas as direcções. Só assim se explicam as contínuas, sistemáticas e cirúrgicas fugas de informação, com quebra do segredo de justiça, os julgamentos políticos na praça pública, os erros grosseiros na condução de processos, envolvendo a honra e a vida de cidadãos presumivelmente inocentes, e o seráfico comprazimento dos responsáveis perante os efeitos da usura do tempo na descoberta da verdade, contribuindo para o desprestígio e enfraquecimento do regime democrático.
Foi em Dezembro de 2002 que também foram divulgadas notícias - uma das quais fazendo manchete no DN - lançando suspeitas acerca da minha própria honorabilidade pessoal e profissional, na gestão do INATEL, assim como de outros responsáveis que comigo partilharam aquele desafio. Aguardo, pacientemente, três anos passados, o esclarecimento da verdade, nas suas sedes próprias.
Entretanto, atendendo à época, aqui vos deixo uma reflexão, em jeito de metáfora, que escrevi a propósito das últimas autárquicas, mas que se aplica, na perfeição, às próximas eleições presidenciais.
“O meu tio Ventura, noutros tempos, foi regedor. Lembro-me de discutir política com ele. No tempo da ditadura. As minhas ideias deviam soar-lhe a utopias sem raízes na terra seca que cultivava. As dele soavam-me ao velho mundo que, para mim, estava para sucumbir. Não sabia a data, nem o modo, mas estava para acabar. Eu, na verdade, não sabia nada da vida. Mas tinha convicções fortes e ele gostava de me ouvir. Eu, pelo meu lado, gostava de o ouvir falar.
Mesmo hoje, nos seus mais de 90 anos, gosto do seu discurso enérgico. Com ele compreendi que somos, sempre, ao mesmo tempo, derrotados e vencedores. Nunca definitivamente derrotados, nem nunca definitivamente vencedores. Aprendi que é possível um radicalismo tolerante. Ou uma tolerância radical. Ser-mos absolutamente contra, aceitando as diferenças. Exigir aos outros que nos aceitem e exigir, a nós próprios, a aceitação dos outros. Sempre, toda a vida, sem quebras nem desfalecimentos.
Por isso compreendo que, nas eleições democráticas, todos os concorrentes se declarem vencedores mesmo que tenham sido vencidos. Todos compreendemos que é um jogo. Com ele os homens evitam digladiar-se através da violência física. As eleições democráticas são um ritual de tolerância mesmo quando as vozes se elevam mais alto e estalam as recriminações.
Mesmo quando são eleitos aqueles que julgamos desmerecer do voto popular. Mesmo depois de ter votado tanta vez sinto orgulho na democracia portuguesa e um prazer especial no acto de votar.
Sinto-me constrangido ao ler tanta abjecção intelectual, tanta intolerância, face às imperfeições do homem - candidatos e eleitores - que se revelam, abertamente, na disputa democrática. Os críticos, descrentes, abstinentes, ausentes e presentes não se observam a si próprios?
Eu sempre votei como se fosse colocar uma flor aos pés de um corpo perfeito de mulher.”
(A imagem de mulher, Fotografia de Bogdan Jarocki, pode ser encontrada no meu blogue pessoal www.absorto.blogspot.com)
Artigo publicado na edição de 2 de Dezembro de 2006 do "Semanário Económico".
Friday, November 04, 2005
SCARLETT JOHANSSON
Ora vejam esta matéria na edição de hoje, 4 de Novembro de 2005, do "El País" para que se entenda a projecção mediática de uma vedeta, ainda em princípio de carreira, e cuja imagem suscita a maior atracção e interesse de todos os meios.
"Scarlett Johansson, atrapada por Woody Allen - La protagonista de 'Match point' participa también en el siguiente proyecto del director neoyorquino
BARBARA CELIS - Nueva York
VÍDEO Trailer de 'Match Point' 03-11-2005
"Me considero una persona muy afortunada por vivir de lo que más amo"
Woody Allen se fijó en ella y cuando el célebre director neoyorquino propone matrimonio a una actriz, la respuesta suele ser un "sí, quiero". En el caso de Scarlett Johansson le bastó con escuchar el nombre del director para embarcarse en el rodaje de Match point, película que hoy se estrena en España. El inesperado no de Kate Winslet fue lo que la situó en el punto de mira de Allen. Johansson no lo dudó. "La propuesta era todo o nada. Me llegó el guión cuando sólo faltaba una semana para comenzar a filmar con una nota muy cariñosa en la que se me invitaba a saltar a bordo", recordaba la actriz, a punto de cumplir 21 años, durante un reciente encuentro con la prensa en Nueva York. "Woody me decía en la nota: 'Si no puedes estoy seguro de que trabajaremos juntos en otra ocasión". Mi reacción inmediata fue pensar que no me hacía falta ni leer el guión. He sido fan de Woody Allen desde que tengo 10 años", explicaba Scarlett, que ha devorado películas como espectadora desde niña y que debutó como actriz en la producción teatral alternativa Sophistry junto al actor Ethan Hawke.
En Match point, Johansson interpreta a Nola Rice, una aspirante a actriz que se embarca en una relación adúltera con Chris Wilson, un inquietante personaje al que da vida el joven Jonathan Rhys-Meyers, en un thriller de sorprendente final situado en Londres y que fue abiertamente celebrado por la crítica durante su presentación en el pasado Festival de Cannes. El papel que juegan el destino y la suerte en la existencia humana es uno de los temas sobre los que reflexiona la película.
Scarlett, menuda, de curvas pronunciadas y piel finísima, cuya fulgurante carrera incluye 23 películas y dos nominaciones a los Globos de Oro por las oscarizadas Lost in translation y La chica de la perla, es exactamente la antítesis de la actriz a la que interpreta en el filme, cuya vida profesional en la ficción parece abocada al fracaso. "Nunca me he planteado qué podría haber ocurrido sí me hubiera ido tan mal como a Nola. Siempre tuve claro que sólo quería hacer esto. Supongo que me considero una persona muy afortunada por vivir de lo que más amo y de que la gente vaya a ver mis películas, aunque soy consciente de que los actores somos prescindibles y todo puede cambiar. Pero no sabría qué hacer si de repente perdiera mi suerte. Creo que simplemente no lo pienso porque estoy muy ocupada decidiendo cuál va a ser mi próximo proyecto", afirma Johansson.
A los tres años, decidió ser actriz y a los siete, tras una crisis después de una prueba para un anuncio, ella y su madre decidieron que sólo aspiraría a películas de calidad. Con ocho años Johansson entró en la escuela de interpretación de Lee Strasberg y tras su debut en Broadway, a los nueve años, comenzó un lento pero sólido camino ascendente lleno de acertadas elecciones, entre ellas Manny and Lo, Ghost world, The man who wasn't there o El hombre que susurraba a los caballos, que la situó frente a Robert Redford en su doble condición de actor y realizador siendo sólo una adolescente.
Hace casi tres años, cuando Johansson aún no había estrenado Lost in translation y La chica de la perla, las dos películas que le dieron el reconocimiento definitivo de la industria, la revista Variety predijo que la joven era una de las grandes promesas de Hollywood. Pocos meses más tarde, sus predicciones se confirmaban. El aire sexy, los labios carnosos y la mirada inquieta de Scarlett comenzaron a acaparar portadas de revistas mientras los premios se sucedían. Ahora su nombre y su rostro son tan populares que la actriz neoyorquina se ha convertido en víctima predilecta de los paparazzi. "Me aburren, son un incordio. Pero supongo que es lo que tiene la fama. Después de Lost in translation mi vida ha cambiado, de eso no hay duda. Pasas de ser alguien anónimo a ser perseguido por los fotógrafos. Aunque también me ha permitido tener un abanico mucho más amplio sobre el que poder elegir. Y también, trabajar con Woody", declara esta actriz, cuyo matrimonio profesional con el neoyorquino ha funcionado tan bien que repite con Allen en su siguiente proyecto: The untitled Woody Allen Fall Project 2006.
"Esta vez se trata de una comedia y el rodaje ha sido un poco diferente porque Woody dirige y también actúa, que es algo que yo sólo había experimentado con Robert Redford", explica Johansson, quien afirma que Woody Allen "ya es un amigo para el que trabajaré siempre que me lo pida". La película, en la que además actúa el australiano Hugh Jackman, también se ha filmado en Londres ya que el director prefiere la libertad que le dan los inversores europeos a cumplir las exigencias de los productores de Hollywood. "Le gusta poder hacer lo que le da la gana sin tener que dar explicaciones", apunta Johansson.
Entre los proyectos que la actriz aún tiene pendientes de estreno están A good woman, un filme en el que actúa junto a Helen Hunt y Joseph Fiennes, ya estrenada en Europa y que llegará a las pantallas estadounidenses en diciembre, y The black Dhalia, la nueva producción de Brian de Palma. Recientemente, también se la pudo ver en La isla, una superproducción futurista que ha tenido mucho menos éxito del esperado. Para ella "fue un proyecto divertido" en cuyo guión vio "una historia de amor genuina" aunque lo que su director Michael Bay llevó a los cines fue una interminable película de acción vapuleada por la crítica.
"Scarlett Johansson, atrapada por Woody Allen - La protagonista de 'Match point' participa también en el siguiente proyecto del director neoyorquino
BARBARA CELIS - Nueva York
VÍDEO Trailer de 'Match Point' 03-11-2005
"Me considero una persona muy afortunada por vivir de lo que más amo"
Woody Allen se fijó en ella y cuando el célebre director neoyorquino propone matrimonio a una actriz, la respuesta suele ser un "sí, quiero". En el caso de Scarlett Johansson le bastó con escuchar el nombre del director para embarcarse en el rodaje de Match point, película que hoy se estrena en España. El inesperado no de Kate Winslet fue lo que la situó en el punto de mira de Allen. Johansson no lo dudó. "La propuesta era todo o nada. Me llegó el guión cuando sólo faltaba una semana para comenzar a filmar con una nota muy cariñosa en la que se me invitaba a saltar a bordo", recordaba la actriz, a punto de cumplir 21 años, durante un reciente encuentro con la prensa en Nueva York. "Woody me decía en la nota: 'Si no puedes estoy seguro de que trabajaremos juntos en otra ocasión". Mi reacción inmediata fue pensar que no me hacía falta ni leer el guión. He sido fan de Woody Allen desde que tengo 10 años", explicaba Scarlett, que ha devorado películas como espectadora desde niña y que debutó como actriz en la producción teatral alternativa Sophistry junto al actor Ethan Hawke.
En Match point, Johansson interpreta a Nola Rice, una aspirante a actriz que se embarca en una relación adúltera con Chris Wilson, un inquietante personaje al que da vida el joven Jonathan Rhys-Meyers, en un thriller de sorprendente final situado en Londres y que fue abiertamente celebrado por la crítica durante su presentación en el pasado Festival de Cannes. El papel que juegan el destino y la suerte en la existencia humana es uno de los temas sobre los que reflexiona la película.
Scarlett, menuda, de curvas pronunciadas y piel finísima, cuya fulgurante carrera incluye 23 películas y dos nominaciones a los Globos de Oro por las oscarizadas Lost in translation y La chica de la perla, es exactamente la antítesis de la actriz a la que interpreta en el filme, cuya vida profesional en la ficción parece abocada al fracaso. "Nunca me he planteado qué podría haber ocurrido sí me hubiera ido tan mal como a Nola. Siempre tuve claro que sólo quería hacer esto. Supongo que me considero una persona muy afortunada por vivir de lo que más amo y de que la gente vaya a ver mis películas, aunque soy consciente de que los actores somos prescindibles y todo puede cambiar. Pero no sabría qué hacer si de repente perdiera mi suerte. Creo que simplemente no lo pienso porque estoy muy ocupada decidiendo cuál va a ser mi próximo proyecto", afirma Johansson.
A los tres años, decidió ser actriz y a los siete, tras una crisis después de una prueba para un anuncio, ella y su madre decidieron que sólo aspiraría a películas de calidad. Con ocho años Johansson entró en la escuela de interpretación de Lee Strasberg y tras su debut en Broadway, a los nueve años, comenzó un lento pero sólido camino ascendente lleno de acertadas elecciones, entre ellas Manny and Lo, Ghost world, The man who wasn't there o El hombre que susurraba a los caballos, que la situó frente a Robert Redford en su doble condición de actor y realizador siendo sólo una adolescente.
Hace casi tres años, cuando Johansson aún no había estrenado Lost in translation y La chica de la perla, las dos películas que le dieron el reconocimiento definitivo de la industria, la revista Variety predijo que la joven era una de las grandes promesas de Hollywood. Pocos meses más tarde, sus predicciones se confirmaban. El aire sexy, los labios carnosos y la mirada inquieta de Scarlett comenzaron a acaparar portadas de revistas mientras los premios se sucedían. Ahora su nombre y su rostro son tan populares que la actriz neoyorquina se ha convertido en víctima predilecta de los paparazzi. "Me aburren, son un incordio. Pero supongo que es lo que tiene la fama. Después de Lost in translation mi vida ha cambiado, de eso no hay duda. Pasas de ser alguien anónimo a ser perseguido por los fotógrafos. Aunque también me ha permitido tener un abanico mucho más amplio sobre el que poder elegir. Y también, trabajar con Woody", declara esta actriz, cuyo matrimonio profesional con el neoyorquino ha funcionado tan bien que repite con Allen en su siguiente proyecto: The untitled Woody Allen Fall Project 2006.
"Esta vez se trata de una comedia y el rodaje ha sido un poco diferente porque Woody dirige y también actúa, que es algo que yo sólo había experimentado con Robert Redford", explica Johansson, quien afirma que Woody Allen "ya es un amigo para el que trabajaré siempre que me lo pida". La película, en la que además actúa el australiano Hugh Jackman, también se ha filmado en Londres ya que el director prefiere la libertad que le dan los inversores europeos a cumplir las exigencias de los productores de Hollywood. "Le gusta poder hacer lo que le da la gana sin tener que dar explicaciones", apunta Johansson.
Entre los proyectos que la actriz aún tiene pendientes de estreno están A good woman, un filme en el que actúa junto a Helen Hunt y Joseph Fiennes, ya estrenada en Europa y que llegará a las pantallas estadounidenses en diciembre, y The black Dhalia, la nueva producción de Brian de Palma. Recientemente, también se la pudo ver en La isla, una superproducción futurista que ha tenido mucho menos éxito del esperado. Para ella "fue un proyecto divertido" en cuyo guión vio "una historia de amor genuina" aunque lo que su director Michael Bay llevó a los cines fue una interminable película de acción vapuleada por la crítica.
Thursday, November 03, 2005
COERÊNCIA, ESTABIILIDADE E CORAGEM
“As teorias podem mudar, mas há qualquer coisa que vale sempre e em todos os tempos, é a coerência.” – Albert Camus
Nas presidenciais escolhe-se, acima de tudo, uma personalidade. É a escolha política mais pura de todas as escolhas. Nas eleições presidencial a minha escolha é a mais politicamente incorrecta do momento. Aquela que, paradoxalmente, está contra a corrente e é disso que eu gosto: Mário Soares.
Sabem porquê? Para além de uma questão de coerência, “essa coisa que vale sempre e em todos os tempos”, pois sempre votei em Soares, mesmo quando, em 1986, estava “derrotado” à partida, também pela estabilidade, que Cavaco, ao contrário do que proclama, não garante, e pela coragem, que sobra a Soares, quanto falta a Cavaco.
Soares e Cavaco representam, respectivamente, o “centro esquerda” e o “centro direita” mas as suas personalidades são diametralmente opostas. Soares é um cosmopolita, um “homem do mundo”. Cavaco é um provinciano, um “homem da terra”.
O que não deixa de ser interessante é sectores da intelectualidade de esquerda denegrirem as características de Soares contra os fundamentos das suas próprias convicções. Soares é um político puro, protagonista de duas aquisições decisivas na história portuguesa contemporânea: a democracia representativa e a plena adesão à UE. Soares intervém na política por prazer e, ao contrário de Cavaco, já foi tudo o que nela se pode ser.
Cavaco é um académico e tecnocrata, protagonista de um período de 10 anos de governo, com obra feita e controversa. Afirma-se o contrário do político profissional, mas nunca deixou de ser o que afirma nunca ter sido. Mostra enfado pela política, um dever, mais do que um prazer, um sacrifício pessoal e profissional realizado em nome “da salvação da pátria”.
Desiludam-se os que pensam, beatificamente, que o melhor Presidente para o governo reformista de Sócrates será Cavaco pois, para a sua estratégia presidencial, Sócrates é um “idiota útil” destinado a executar a componente dura das políticas de estabilização orçamental e as facetas impopulares das reformas do estado.
Após essa obra meritória, digo-o sem ironia, “Cavaco Presidente” agradecerá, grandiloquente, dando lugar a um governo de direita dirigido, quase certamente, por Manuela Ferreira Leite. Aliás o manifesto eleitoral de Cavaco “As minhas ambições para Portugal”, apesar da sua contenção política e moderação ideológica, não é mais do que um programa de governo.
A proclamada estabilidade soçobrará no momento considerado mais oportuno para derrubar o governo socialista. O derrube ocorrerá antes do fim do seu mandato, caso acorram factos excepcionais que o justifiquem, pois Cavaco, como qualquer outro Presidente, nunca descartará o exercício desse poder constitucional.
Em alternativa, caso chegue ao fim do mandato, o governo socialista carregará a cruz de ter sacrificado bastos “direitos adquiridos”, cuja reposição as corporações exigirão a Cavaco, no exercício da sua suposta competência de “não político”, contraposta, subliminarmente, à ociosa “senilidade” de Soares apresentado como um vulgar “político profissional” em fim de ciclo.
Ver-se-á até onde chegará o desaforo revanchista da direita, incluindo a extrema-direita, nos ardores do seu entusiasmo pela candidatura de Cavaco.
Mas tenho como certo que Cavaco não garantirá a estabilidade governativa pela razão simples que não será capaz de resistir às pressões para intervir nas funções do governo. Quanto mais Cavaco for o candidato único da direita menos margem de manobra terá para prosseguir um magistério independente que se constitua como fautor de estabilidade.
Não garante, por outro lado, a estabilidade do PSD pois minará a liderança de Marques Mendes em favor de uma liderança alternativa que possa vir a garantir a consagração da velha máxima, nunca antes alcançada pela direita, “uma maioria, um governo, um presidente”. E Marques Mendes é demasiado fraco para garantir um futuro governo de direita forte.
Todos nos podemos enganar e, muitas vezes, temos dúvidas mas, neste contexto, a palavra estabilidade mal esconde todo um programa de regeneração do regime, assente no reforço ou subversão dos poderes presidenciais, fazendo emergir Cavaco como um “homem providencial”, miragem que, ao longo dos tempos, sempre conduziu Portugal ao desastre.
(Artigo publicado no "Semanário Económico" na sua edição de 4 de Novembro de 2005.)
Nas presidenciais escolhe-se, acima de tudo, uma personalidade. É a escolha política mais pura de todas as escolhas. Nas eleições presidencial a minha escolha é a mais politicamente incorrecta do momento. Aquela que, paradoxalmente, está contra a corrente e é disso que eu gosto: Mário Soares.
Sabem porquê? Para além de uma questão de coerência, “essa coisa que vale sempre e em todos os tempos”, pois sempre votei em Soares, mesmo quando, em 1986, estava “derrotado” à partida, também pela estabilidade, que Cavaco, ao contrário do que proclama, não garante, e pela coragem, que sobra a Soares, quanto falta a Cavaco.
Soares e Cavaco representam, respectivamente, o “centro esquerda” e o “centro direita” mas as suas personalidades são diametralmente opostas. Soares é um cosmopolita, um “homem do mundo”. Cavaco é um provinciano, um “homem da terra”.
O que não deixa de ser interessante é sectores da intelectualidade de esquerda denegrirem as características de Soares contra os fundamentos das suas próprias convicções. Soares é um político puro, protagonista de duas aquisições decisivas na história portuguesa contemporânea: a democracia representativa e a plena adesão à UE. Soares intervém na política por prazer e, ao contrário de Cavaco, já foi tudo o que nela se pode ser.
Cavaco é um académico e tecnocrata, protagonista de um período de 10 anos de governo, com obra feita e controversa. Afirma-se o contrário do político profissional, mas nunca deixou de ser o que afirma nunca ter sido. Mostra enfado pela política, um dever, mais do que um prazer, um sacrifício pessoal e profissional realizado em nome “da salvação da pátria”.
Desiludam-se os que pensam, beatificamente, que o melhor Presidente para o governo reformista de Sócrates será Cavaco pois, para a sua estratégia presidencial, Sócrates é um “idiota útil” destinado a executar a componente dura das políticas de estabilização orçamental e as facetas impopulares das reformas do estado.
Após essa obra meritória, digo-o sem ironia, “Cavaco Presidente” agradecerá, grandiloquente, dando lugar a um governo de direita dirigido, quase certamente, por Manuela Ferreira Leite. Aliás o manifesto eleitoral de Cavaco “As minhas ambições para Portugal”, apesar da sua contenção política e moderação ideológica, não é mais do que um programa de governo.
A proclamada estabilidade soçobrará no momento considerado mais oportuno para derrubar o governo socialista. O derrube ocorrerá antes do fim do seu mandato, caso acorram factos excepcionais que o justifiquem, pois Cavaco, como qualquer outro Presidente, nunca descartará o exercício desse poder constitucional.
Em alternativa, caso chegue ao fim do mandato, o governo socialista carregará a cruz de ter sacrificado bastos “direitos adquiridos”, cuja reposição as corporações exigirão a Cavaco, no exercício da sua suposta competência de “não político”, contraposta, subliminarmente, à ociosa “senilidade” de Soares apresentado como um vulgar “político profissional” em fim de ciclo.
Ver-se-á até onde chegará o desaforo revanchista da direita, incluindo a extrema-direita, nos ardores do seu entusiasmo pela candidatura de Cavaco.
Mas tenho como certo que Cavaco não garantirá a estabilidade governativa pela razão simples que não será capaz de resistir às pressões para intervir nas funções do governo. Quanto mais Cavaco for o candidato único da direita menos margem de manobra terá para prosseguir um magistério independente que se constitua como fautor de estabilidade.
Não garante, por outro lado, a estabilidade do PSD pois minará a liderança de Marques Mendes em favor de uma liderança alternativa que possa vir a garantir a consagração da velha máxima, nunca antes alcançada pela direita, “uma maioria, um governo, um presidente”. E Marques Mendes é demasiado fraco para garantir um futuro governo de direita forte.
Todos nos podemos enganar e, muitas vezes, temos dúvidas mas, neste contexto, a palavra estabilidade mal esconde todo um programa de regeneração do regime, assente no reforço ou subversão dos poderes presidenciais, fazendo emergir Cavaco como um “homem providencial”, miragem que, ao longo dos tempos, sempre conduziu Portugal ao desastre.
(Artigo publicado no "Semanário Económico" na sua edição de 4 de Novembro de 2005.)
Monday, October 24, 2005
O 18 DE BRUMÁRIO DA CGTP, PCP E BE
Estou, no essencial, de acordo com o que João César das Neves escreve, hoje, no DN. Sem entrar em mais detalhes acerca da vertigem despesista dos anos 80, a partir dos governos de Cavaco Silva (a partir de 1985) e dos anos 90 (fifty-fifty, Cavaco Silva/António Guterres), a crise da esquerda tradicional e do “sindicalismo de classe” está à vista de todos. É uma lástima assistir às suas reivindicações e manifestações cada vez mais acantonadas na defesa dos interesses de grupos sociais relativamente privilegiados, deixando ao abandono os verdadeiros “trabalhadores, contribuintes, utentes, consumidores e cidadãos pobres que alimentam as despesas públicas sumptuárias.”
"O 18 de Brumário da CGTP, PCP e BE
A discussão à volta do Orçamento revela, mais uma vez, uma das maiores perdas que Portugal sofreu nas últimas décadas a da coerência nas forças sindicais e marxistas. A triste imagem de sindicatos a defender classes favorecidas, de partidos de esquerda a proteger privilégios insustentáveis revela uma profunda crise.
Ninguém tem dúvidas de que uma das maiores opressões da classe operária hoje em Portugal vem do sistema fiscal. Como quem paga impostos são sobretudo os empregados, é evidente que os inchados dinheiros do Estado saem, acima de tudo, dos bolsos dos trabalhadores. Quando se ouve o PCP e o Bloco de Esquerda criticar o Orçamento por o esforço de contenção não ser feito à custa de mais receita, pergunta-se onde estão as forças que defendem os operários-contribuintes?
Ninguém tem dúvidas de que os funcionários públicos, professores, médicos, etc. são das camadas mais privilegiadas da nossa população activa. Imunes aos despedimentos, com salários administrativos, benefícios especiais e excelentes condições na saúde e reforma, mal se comparam com os trabalhadores das empresas. Além disso, esses rendimentos e regalias são todos pagos com impostos dos pobres. Quando o Governo os belisca e a CGTP vem defendê-los como se fossem da classe operária, pergunta-se quem representa os verdadeiros interesses sindicais?
Ouvindo a retórica é difícil imaginar a CGTP, PCP ou BE como organizações corporativas, mas é isso que elas estão a ser. Mantêm a forma mas alteraram o conteúdo. Abandonaram os verdadeiros interesses das massas mais pobres, para proteger o Estado obeso, aguentar mecanismos de protecção e mordomias injustas. O argumento é que se trata de direitos laborais, e tocar-lhes é desmantelar a justiça de classe. Mas este dogmatismo abstracto e irrealista (também manifestado na reforma da Segurança Social, propinas, etc.) é indigno de marxistas.
Nenhum materialista ignora os reais fluxos económicos para se prender a regras genéricas. Além disso, esquecendo que os gastos públicos são pagos pelos trabalhadores, passam ao lado do real conflito económico actual.
A situação paradoxalmente nasce do seu próprio sucesso. A luta por melhores condições correu demasiado bem e vários sectores profissionais conseguiram posições de privilégio. Isso empolou o Estado e precipitou a crise. Nas dificuldades nacionais, esses interesses lutam para conservar direitos egoístas. É um processo que aliás o materialismo dialéctico explica bem. A instalação no poder das forças antes oprimidas transforma as circunstâncias infra-estruturais, e elas passam de revolucionárias a conservadoras. Segundo o Manifesto Comunista de 1848, foi o que sucedeu à burguesia depois de vencer a sociedade feudal. Foi também o que se verificou com a nomenklatura na ex-URSS. É perturbador considerar deste prisma o nosso descalabro orçamental.
Esta degradação das forças de extrema-esquerda é grave. No equilíbrio português, o contributo dessas tendências para o progresso nacional é importante, elemento da saudável diversidade de posições. A sua evidente cumplicidade com os dinheiros públicos subverte-lhes a missão. Se os sindicatos passam a meros grupos de interesse e os partidos marxistas ficam defensores de burocratas e subsídios, abre-se um vazio na nossa estrutura socio-política, com largas massas perdendo a sua representação. Quem defenderá os trabalhadores, contribuintes, utentes, consumidores e cidadãos pobres que alimentam as despesas públicas sumptuárias?
Na década de 80, a esquerda sofreu a primeira grande crise, perdendo ideiais e instrumentos. "Sociedade sem classes", "ditadura do proletariado", "revolução popular" são hoje conceitos arcaicos e risíveis, abandonados na luta política séria. Mas, apesar da crise, a esquerda continuou a defender os interesses dos trabalhadores pobres.
Corporatizando-se agora, algumas dessas forças abandonam tal objectivo e sofrem uma segunda crise. Muito mais grave que a primeira porque é, não política, mas ética."
"O 18 de Brumário da CGTP, PCP e BE
A discussão à volta do Orçamento revela, mais uma vez, uma das maiores perdas que Portugal sofreu nas últimas décadas a da coerência nas forças sindicais e marxistas. A triste imagem de sindicatos a defender classes favorecidas, de partidos de esquerda a proteger privilégios insustentáveis revela uma profunda crise.
Ninguém tem dúvidas de que uma das maiores opressões da classe operária hoje em Portugal vem do sistema fiscal. Como quem paga impostos são sobretudo os empregados, é evidente que os inchados dinheiros do Estado saem, acima de tudo, dos bolsos dos trabalhadores. Quando se ouve o PCP e o Bloco de Esquerda criticar o Orçamento por o esforço de contenção não ser feito à custa de mais receita, pergunta-se onde estão as forças que defendem os operários-contribuintes?
Ninguém tem dúvidas de que os funcionários públicos, professores, médicos, etc. são das camadas mais privilegiadas da nossa população activa. Imunes aos despedimentos, com salários administrativos, benefícios especiais e excelentes condições na saúde e reforma, mal se comparam com os trabalhadores das empresas. Além disso, esses rendimentos e regalias são todos pagos com impostos dos pobres. Quando o Governo os belisca e a CGTP vem defendê-los como se fossem da classe operária, pergunta-se quem representa os verdadeiros interesses sindicais?
Ouvindo a retórica é difícil imaginar a CGTP, PCP ou BE como organizações corporativas, mas é isso que elas estão a ser. Mantêm a forma mas alteraram o conteúdo. Abandonaram os verdadeiros interesses das massas mais pobres, para proteger o Estado obeso, aguentar mecanismos de protecção e mordomias injustas. O argumento é que se trata de direitos laborais, e tocar-lhes é desmantelar a justiça de classe. Mas este dogmatismo abstracto e irrealista (também manifestado na reforma da Segurança Social, propinas, etc.) é indigno de marxistas.
Nenhum materialista ignora os reais fluxos económicos para se prender a regras genéricas. Além disso, esquecendo que os gastos públicos são pagos pelos trabalhadores, passam ao lado do real conflito económico actual.
A situação paradoxalmente nasce do seu próprio sucesso. A luta por melhores condições correu demasiado bem e vários sectores profissionais conseguiram posições de privilégio. Isso empolou o Estado e precipitou a crise. Nas dificuldades nacionais, esses interesses lutam para conservar direitos egoístas. É um processo que aliás o materialismo dialéctico explica bem. A instalação no poder das forças antes oprimidas transforma as circunstâncias infra-estruturais, e elas passam de revolucionárias a conservadoras. Segundo o Manifesto Comunista de 1848, foi o que sucedeu à burguesia depois de vencer a sociedade feudal. Foi também o que se verificou com a nomenklatura na ex-URSS. É perturbador considerar deste prisma o nosso descalabro orçamental.
Esta degradação das forças de extrema-esquerda é grave. No equilíbrio português, o contributo dessas tendências para o progresso nacional é importante, elemento da saudável diversidade de posições. A sua evidente cumplicidade com os dinheiros públicos subverte-lhes a missão. Se os sindicatos passam a meros grupos de interesse e os partidos marxistas ficam defensores de burocratas e subsídios, abre-se um vazio na nossa estrutura socio-política, com largas massas perdendo a sua representação. Quem defenderá os trabalhadores, contribuintes, utentes, consumidores e cidadãos pobres que alimentam as despesas públicas sumptuárias?
Na década de 80, a esquerda sofreu a primeira grande crise, perdendo ideiais e instrumentos. "Sociedade sem classes", "ditadura do proletariado", "revolução popular" são hoje conceitos arcaicos e risíveis, abandonados na luta política séria. Mas, apesar da crise, a esquerda continuou a defender os interesses dos trabalhadores pobres.
Corporatizando-se agora, algumas dessas forças abandonam tal objectivo e sofrem uma segunda crise. Muito mais grave que a primeira porque é, não política, mas ética."
Thursday, October 20, 2005
PESADELO NO PAQUISTÃO
Reproduzo, na íntegra, o "despacho" da LUSA acerca da situação pós-sismo no Paquistão. Os homens de boa vontade aguardam pessimistas o apoio humanitário da grande potência a um país aliado na guerra do Iraque. Mas, após o Katrina, já ninguém acredita nas capacidades da administração Bush para coisa nenhuma. Cada um que se governe pois, neste caso, o "inimigo" é a natureza cuja crueldade escapa aos desígnios dos governos. Palavras para quê?
"Sismo: ONU vive "pior pesadelo logístico" de sempre no Paquistão
Genebra, 20 Out (Lusa) - A ONU vive no Paquistão o "pior pesadelo logístico", de sempre, "pior" do que depois do maremoto que afectou 11 países em 2004, devido à falta de auxílio, afirmou hoje o coordenador da ajuda humanitária de urgência das Nações Unidas.
"Não é o suficiente. Nunca vivemos este tipo de pesadelo logístico. Pensávamos que o tsunami era o pior que poderíamos viver. Este é pior", afirmou Jan Egeland à imprensa.
Depois do sismo de 08 de Outubro, que fez mais de 48.000 mortos e pelo menos três milhões de deslocados no Paquistão, a ONU pediu um total de 272 milhões de dólares (cerca de 227 milhões de euros) para as vítimas, e anunciou terça-feira ter recebido a promessa de 50 milhões de dólares (cerca de 42 milhões de euros) em donativos.
Segundo o coordenador da ONU, pelo menos 500.000 pessoas continuam isoladas nas montanhas do Caxemira paquistanês, 12 dias depois do sismo de magnitude de 7,6 na escala aberta de Richter, que abalou também, embora com menor intensidade, a Índia e o Afeganistão.
A comunidade internacional deverá criar uma "segunda ponte de Berlim", advertiu o coordenador, referindo-se à ponte aérea que permitiu levantar o bloqueio de Berlim, no final da década de 40.
Segundo a ONU, cerca de três milhões de pessoas estão desalojadas desde o sismo que, de acordo com um balanço hoje divulgado pelo chefe de operações de auxílio, general Farooq Ahmad Khan, fez 49.739 mortos e 74.000 feridos.
"O sismo, que abalou três países, torna-se pior a cada dia que passa, à medida que surge a necessidade de auxílio", disse Egeland.
"O mundo não está a responder como devia", considerou o responsável, alertando para a gravidade de uma interrupção de auxílio em Dezembro, quando o Inverno e a neve chegarem à região.
"Está em jogo a vida de dezenas de milhares de pessoas, elas poderão morrer se não chegarmos a tempo", insistiu.
A ONU recebeu até ao momento 86 milhões de dólares (72 milhões de euros) de promessas de donativos, em resposta ao apelo 272 milhões de dólares para fundos a favor das vítimas.
Este montante não abrange os auxílios bilaterais que foram dados directamente ao Paquistão por outros países.
Está agendada para 26 de Dezembro uma reunião de países doadores consagrada ao auxílio ao Paquistão.
O sismo de 26 de Dezembro de 2004 provocou a morte de pelo menos 217.000 pessoas em 11 países do Oceano Índico, deixando cerca de 1,5 milhões pessoas desalojadas. Nessa altura, a ONU recebeu a promessa de mais de 12 mil milhões de dólares (cerca de 11 mil milhões de euros) em auxílio.
O Fundo das Nações Unidas para a Infância (UNICEF) tinha lançado o alarme quarta-feira ao anunciar que dezenas de milhares de crianças correm o risco de morrer, nas próximas semanas, se o auxílio não chegar às localidades mais recônditas do norte do Paquistão.
Segundo a UNICEF, cerca de 120.000 crianças continuam isoladas nas montanhas do lado do Paquistão, das quais 10.000 poderão morrer de fome, hipotermia e doenças. "A acção humanitária está a tornar-se mais difícil à medida que os dias passam", afirmou a directora executiva da UNICEF, Ann Veneman, em Copenhaga, onde visitou o depósito central do organismo na cidade.
"Há ainda muito poucos helicópteros para chegar às mais de 1.000 aldeias isoladas com mantimentos de que as crianças necessitam urgentemente. Nos locais onde temos fornecimentos são muito poucas as organizações parceiras no terreno para distribuir às pessoas mais necessitadas", adiantou.
A responsável referiu que o acesso às zonas tem sido muito difícil porque as estradas estão impedidas com pessoas que tentam abandonar as zonas montanhosas e com terra e lama. Para as pessoas que consigam sair das montanhas, Ann Veneman alerta para a necessidade de criar nas regiões planas campos de acolhimento de grandes dimensões que consigam abrigar os desalojados durante o Inverno.
É também necessário reforçar o número de organizações nacionais e internacionais no terreno, indispensáveis para uma grande operação humanitária, segundo a responsável, que salientou a necessidade de disponibilizar até ao Inverno ajuda médica e hospitalar de urgência que substitua as infra-estruturas de saúde destruídas pelo sismo."
MV.
Lusa/Fim
(Sublinhados de minha responsabilidade).
"Sismo: ONU vive "pior pesadelo logístico" de sempre no Paquistão
Genebra, 20 Out (Lusa) - A ONU vive no Paquistão o "pior pesadelo logístico", de sempre, "pior" do que depois do maremoto que afectou 11 países em 2004, devido à falta de auxílio, afirmou hoje o coordenador da ajuda humanitária de urgência das Nações Unidas.
"Não é o suficiente. Nunca vivemos este tipo de pesadelo logístico. Pensávamos que o tsunami era o pior que poderíamos viver. Este é pior", afirmou Jan Egeland à imprensa.
Depois do sismo de 08 de Outubro, que fez mais de 48.000 mortos e pelo menos três milhões de deslocados no Paquistão, a ONU pediu um total de 272 milhões de dólares (cerca de 227 milhões de euros) para as vítimas, e anunciou terça-feira ter recebido a promessa de 50 milhões de dólares (cerca de 42 milhões de euros) em donativos.
Segundo o coordenador da ONU, pelo menos 500.000 pessoas continuam isoladas nas montanhas do Caxemira paquistanês, 12 dias depois do sismo de magnitude de 7,6 na escala aberta de Richter, que abalou também, embora com menor intensidade, a Índia e o Afeganistão.
A comunidade internacional deverá criar uma "segunda ponte de Berlim", advertiu o coordenador, referindo-se à ponte aérea que permitiu levantar o bloqueio de Berlim, no final da década de 40.
Segundo a ONU, cerca de três milhões de pessoas estão desalojadas desde o sismo que, de acordo com um balanço hoje divulgado pelo chefe de operações de auxílio, general Farooq Ahmad Khan, fez 49.739 mortos e 74.000 feridos.
"O sismo, que abalou três países, torna-se pior a cada dia que passa, à medida que surge a necessidade de auxílio", disse Egeland.
"O mundo não está a responder como devia", considerou o responsável, alertando para a gravidade de uma interrupção de auxílio em Dezembro, quando o Inverno e a neve chegarem à região.
"Está em jogo a vida de dezenas de milhares de pessoas, elas poderão morrer se não chegarmos a tempo", insistiu.
A ONU recebeu até ao momento 86 milhões de dólares (72 milhões de euros) de promessas de donativos, em resposta ao apelo 272 milhões de dólares para fundos a favor das vítimas.
Este montante não abrange os auxílios bilaterais que foram dados directamente ao Paquistão por outros países.
Está agendada para 26 de Dezembro uma reunião de países doadores consagrada ao auxílio ao Paquistão.
O sismo de 26 de Dezembro de 2004 provocou a morte de pelo menos 217.000 pessoas em 11 países do Oceano Índico, deixando cerca de 1,5 milhões pessoas desalojadas. Nessa altura, a ONU recebeu a promessa de mais de 12 mil milhões de dólares (cerca de 11 mil milhões de euros) em auxílio.
O Fundo das Nações Unidas para a Infância (UNICEF) tinha lançado o alarme quarta-feira ao anunciar que dezenas de milhares de crianças correm o risco de morrer, nas próximas semanas, se o auxílio não chegar às localidades mais recônditas do norte do Paquistão.
Segundo a UNICEF, cerca de 120.000 crianças continuam isoladas nas montanhas do lado do Paquistão, das quais 10.000 poderão morrer de fome, hipotermia e doenças. "A acção humanitária está a tornar-se mais difícil à medida que os dias passam", afirmou a directora executiva da UNICEF, Ann Veneman, em Copenhaga, onde visitou o depósito central do organismo na cidade.
"Há ainda muito poucos helicópteros para chegar às mais de 1.000 aldeias isoladas com mantimentos de que as crianças necessitam urgentemente. Nos locais onde temos fornecimentos são muito poucas as organizações parceiras no terreno para distribuir às pessoas mais necessitadas", adiantou.
A responsável referiu que o acesso às zonas tem sido muito difícil porque as estradas estão impedidas com pessoas que tentam abandonar as zonas montanhosas e com terra e lama. Para as pessoas que consigam sair das montanhas, Ann Veneman alerta para a necessidade de criar nas regiões planas campos de acolhimento de grandes dimensões que consigam abrigar os desalojados durante o Inverno.
É também necessário reforçar o número de organizações nacionais e internacionais no terreno, indispensáveis para uma grande operação humanitária, segundo a responsável, que salientou a necessidade de disponibilizar até ao Inverno ajuda médica e hospitalar de urgência que substitua as infra-estruturas de saúde destruídas pelo sismo."
MV.
Lusa/Fim
(Sublinhados de minha responsabilidade).
Tuesday, October 18, 2005
Espanha - El inaplazable reto del "made in Spain"
Continuando a reflexão acerca da situação espanhola no âmbito da tecnologia, ciência e inovação, o "El País", de hoje, aprofunda o seu diagnóstico implacável.
"España es un 20% menos rica por la falta de inversión en I+D
El conjunto de las empresas privadas 'tira' de la investigación mucho menos que la media de los países de la Unión Europea
El salto adelante que propone el Gobierno sólo tendrá éxito si la empresa privada abandona su tibieza investigadora y acompaña a los poderes públicos en ese esfuerzo extraordinario. España precisa, desde luego, de una mayor y mejor financiación pública, pero, sobre todo, de una cultura empresarial de compromiso con la investigación aplicada.
El fútbol goza de mayor relevancia social en España que la ciência
La mayoría de los ejecutivos no ve en la Universidad un motor de desarrollo económico
La tibieza investigadora de la empresa privada obliga al sector público a cargar con el esfuerzo
Aunque produce más trabajos científicos que los EE UU, la Unión Europea tiene un nivel de productividad empresarial sensiblemente inferior. Es la denominada "paradoja europea" que tanto preocupa a los economistas y a los políticos comunitarios. En el caso español, puede hablarse de la misma paradoja europea pero elevada al cuadrado. Resulta que con el 8% del PIB de la Comunidad Europea y el 2,7% de todas las publicaciones mundiales, España apenas dispone del 1% de las patentes de la UE. El déficit investigador en el sector empresarial -sólo uno de cada cinco científicos españoles trabaja en el sector privado- hace que nuestro país se sitúe en el pelotón de cola europeo también en número de investigadores (5 por cada 1.000 habitantes, la mitad que Suecia), por delante únicamente de Grecia, Portugal e Italia.
Admitido que, como establece en su informe la Confederación de Sociedades Científicas de España (Cosce), el apoyo de los poderes públicos a la investigación en nuestro país ha estado caracterizado por la falta de continuidad, sujeto a la oportunidad que brindaban los momentos de bonanza económica presupuestaria, la principal falla del sistema es la debilidad de la inversión empresarial en este terreno. Lo dicen los diagnósticos de los expertos. Porque, con las objeciones que se quiera -"la política de ayudas fiscales sólo beneficia a las compañías con beneficios", "habría que liberar a las empresas de los pagos de la Seguridad Social durante 10 años, como en Francia"-, lo cierto es que España cuenta con un marco de incentivos favorable. De hecho, las empresas pueden desgravar hasta el 35% de su gasto en investigación.
Más aún: la política de subvenciones a la investigación empresarial ha resultado globalmente un fracaso y no faltan los casos en los que las compañías subvencionadas han destinado el dinero a otros menesteres, o se han limitado a invertir únicamente el dinero público destinado a I+D, vulnerando el principio de cada euro del erario público sea correspondido con otro de la empresa.
En el proyecto Ingenio 2010, con el que el Gobierno central pretende darle la vuelta a esta situación, se alude al problema en términos más delicados -"nuestro tejido industrial no aprovecha suficientemente el conocimiento generado por nuestro sistema de I+D"- que los que emplea el secretario de Estado de Universidades e Investigación, Salvador Ordóñez: "Hay que actuar urgentemente sobre la grave e histórica dificultad para integrar a las empresas en la I+D+i y sobre sus serias deficiencias para convertir los resultados científicos en beneficios económicos y sociales".
¿Cómo conseguir el objetivo, modesto en relación a los de los otros países de la UE, de que la participación empresarial alcance en 2010 el 55%, al menos, del total de la inversión en I+D? Según la fundación para la investigación tecnológica, Cotec, que reúne a 80 empresas coordinadas por el ex presidente del BBV, José Ángel Sánchez Asiain, la inversión empresarial española crece en los últimos años al 13% anual y ya ha recortado sensiblemente su diferencial con la media europea, aunque, dado el enorme retraso existente, ese objetivo no se alcanzará al ritmo actual hasta dentro de dos décadas.
Un país que no crea emprendedores
La primera explicación viene de la mano del propio tejido industrial. España tiene pocas empresas con capacidad de invertir grandes sumas en I+D puesto que el 99% de su parque empresarial lo componen las pequeñas y medianas compañías. Por necesidades evidentes de la competencia exterior, las grandes firmas invierten, por lo general, mucho más que el porcentaje medio, pero como en conjunto son pocas, la suma resultante es extremadamente baja.
"Además", subraya Isabel Lozano, directora de PharmaMar, "la estructura empresarial en España está centrada en el sector servicios, el turismo, todavía en expansión, que, por lo visto, no exige grandes esfuerzos en I+D". Tampoco el negocio de la banca -España cuenta con bancos poderosos y de presencia internacional- parece requerir elevadas inversiones en este terreno. "En lugar de una cultura de riesgo, lo que tenemos es un enorme miedo al fracaso que frena las iniciativas", comenta Cristina Garmendia, presidenta de la Asociación Española de bioempresas (Asebio) y directora de Genetrix.
¿Qué hay que hacer para lograr que las 2,5 millones de medianas y pequeñas empresas existentes -sólo el 24% tiene su propio sitio en Internet-, se aprovechen de un sistema que, como reconocen los expertos de la OCDE, dispone de centros públicos de investigación de primera línea? Su concurso es decisivo porque sostienen más del 70% de los puestos de trabajo y son ellas las que cargan con el peso de la economía.
Un primer obstáculo parece ser la falta de cultura emprendedora. "Tenemos un país que no crea emprendedores, ni fomenta la crítica constructiva. Tampoco hemos aprendido a ser heterodoxos y así es muy difícil que salgan los grandes creadores", comenta Salvador Ordóñez, secretario de Estado de Investigación. "Decididamente, la educación española no estimula la investigación. La ciencia habrá ganado en España el día en que los científicos ocupen parte del protagonismo que tiene el fútbol", apunta Joan Guinovart. Entre la comunidad científica hay una abierta crítica a la cultura del pelotazo, del dinero fácil y el mínimo esfuerzo, al hábito de popularizar a personajes de dudoso mérito y de mantener a la sociedad entretenida en el cotilleo y la frivolidad vacía.
¿Resulta ocioso o demagógico preguntarse por qué cualquier ciudadano, no necesariamente inculto o iletrado, puede nombrar de corrido a personajes y personajillos de las farándulas televisivas y de la prensa del corazón pero es incapaz de aportar el nombre de un solo investigador? ¿La ciencia en España sigue siendo un problema de cultura colectiva, tal y como dejó escrito Ramón y Cajal después de haber reflexionado largamente sobre el asunto?
Esperar a que innoven otros
Mientras la versión optimista confía en que habrá dinero privado para invertir, la pesimista se remite a la experiencia de estos últimos años y concluye que el inversionista español seguirá pensando en la ganancia rápida, mirando a las construcciones que pueblan el sur y el levante costero español. "No hay inversión privada, pero yo creo que sí hay interés. Lo que pasa es que las empresas españolas de biomedicina, por ejemplo, somos muy jóvenes y, salvo casos contados, todavía no hemos tenido tiempo de demostrar que invertir en nosotros puede ser un buen negocio", señala Cristina Garmendia. "Al capital hay que presentarle expectativas de ganancia, porque no olvidemos", subraya, "que esto también es un negocio".
Hay comportamientos, sin embargo, que vienen a galvanizar los ánimos de los científicos. Constituidas como fundación privada, cinco empresas ajenas al sector farmacéutico: El Banco Santander, La Caixa, el Corte Inglés, Inditex y PRISA se han comprometido a aportar en los próximos 10 años, un total de 170 millones de euros, el 40% de la inversión total, para convertir al Centro Nacional de Investigaciones Cardiovasculares en el principal instituto de investigación cardiovascular de Europa. El nuevo CNIC estará dirigido por el cardiólogo Valentín Fuster, actual director del Instituto Cardiovascular de la Mount Sinai School of Medicine de Nueva York. También el Centro de Investigación Médica Aplicada de la Universidad de Navarra (CIMA), que da trabajo a 300 científicos de 16 países, constituye igualmente una valiosa apuesta del capital privado.
"El problema de la investigación empresarial", explica Joan Esteban, del Instituto de Análisis Económico, "es que mientras los costes son inmediatos, los beneficios son futuros e inciertos ya que nada ni nadie te asegura contra la posibilidad de que la competencia se te adelante y patente el invento. Las grandes empresas pueden diversificar la investigación internamente y asegurarse un promedio de rentabilidad, pero las pequeñas y medianas", subraya, "se enfrentan a un riesgo que consideran excesivo y no invierten porque creen que les sale más a cuenta esperar a que innoven otros". El "síndrome de la virginidad estatal", la idea de que lo público se prostituye forzosamente al contacto con lo privado, ha retrasado la puesta en marcha de fórmulas de colaboración provechosas que permitan a las empresas adquirir tecnología reduciendo notablemente el riesgo de la inversión en I+D.
Torres que se desploman
Claro que el paso previo, elemental, es conseguir que todas las pequeñas y medianas compañías -solo el 36% de las que tienen menos de 10 empleados disponen de Internet- estén conectadas a la sociedad de la información. Dentro también del plan nacional de investigación a aplicar en la presente legislatura, el Gobierno ha destinado 200 millones de euros a los proyectos tecnológicos de cooperación entre empresas y universidades u organismos públicos. La casi totalidad de ese dinero serán créditos reembolsables, pero está vez se pretende que la obligatoriedad de presentar avales por el valor de los créditos deje de ser un obstáculo. Así y todo, los jóvenes investigadores se quejan de que las ayudas públicas van dirigidas a los proyectos y científicos consolidados y que no ofrecen una verdadera oportunidad a los que empiezan desde abajo.
Tim Smithers, director del programa robot Mirela, uno de los experimentos presentados junto al proyecto Ingenio 2010, vino a San Sebastián hace 12 años siguiendo los pasos a una becaria española, hoy su mujer, que hizo su curso de posgraduado en Inglaterra. Pese a su experiencia y su formación en Cambridge, el británico no ha logrado una plaza de catedrático en la Universidad del País Vasco, debido, dice, a los obstáculos burocráticos que impiden, generalmente, a los extranjeros acceder al sistema académico español. Da clases en la Escuela de Ingenieros y sólo dedica unas horas semanales a ese proyecto estrella: un robot que responde al lenguaje universal de las notas musicales.
Su diagnóstico no es diferente al de sus colegas españoles. "En España hay gente buenísima que está en lo más alto, pero falta la estructura, la pirámide, y no hay masa social suficiente. Los grupos dependen muchísimo del jefe y si éste se larga, por ejemplo, a EE UU, la torre se viene abajo. El orden jerárquico es muy riguroso y a la gente nueva que empieza no le llega el dinero. No hay cultura de investigación aplicada a la empresa, ni una relación fuerte entre universidad e investigación. El investigador está en la universidad o en el centro tecnológico, no en la empresa, y el profesor universitario vive volcado en la publicación de su trabajo. Ahí, se acaba todo. Como la empresa no participa, tampoco se sabe qué es lo que necesita".
No es la ciencia por la ciência
Esa es, precisamente, la pregunta que la Fundación C Y D (Conocimiento y Desarrollo), constituida por un grupo de empresas españolas en diciembre de 2002 bajo la presidencia de Ana Patricia Botín, ha planteado a 404 directivos. La conclusión no deja en buen lugar a la Universidad española, puesto que la mayoría de los ejecutivos no ven en ella a un motor de desarrollo económico, ni creen que su organización actual facilite esa función. En general, la empresa reprocha a la Universidad que forme titulados ignorando los criterios de practicidad y aplicabilidad que demanda el tejido industrial.
"La finalidad no es la ciencia por la ciencia, sino su aplicación para el provecho de la sociedad", proclaman. Según esas opiniones, la Universidad no aporta una formación sólida de contenido científico y de aplicaciones polivalentes, tampoco potencia suficientemente los contenidos técnicos, ni fomenta el buen conocimiento de los idiomas modernos, la informática y la actividad comercial. Como dejó escrito Louis Pasteur (descubridor de la vacuna): "No hay ciencia básica y ciencia aplicada, lo que hay es aplicación de la ciencia". Y a su vez, es cierto también que los doctores universitarios no acostumbran a ver en la empresa una salida profesional y que muchas compañías no valoran, en absoluto, la titulación.
"Las universidades están obligadas a asumir nuevas funciones, en la medida en que la economía de la innovación permanente les asigna un papel protagonista. Tienen que interrelacionarse con el sector productivo y crear sus propias empresas", destaca el secretario de Estado de Universidades e Investigación, Salvador Ordóñez. "Debemos combatir la idea de que la docencia es la misión más genuina de la universidad (...)". "Docencia e investigación son actividades complementarias. Todo profesor debe investigar e impartir docencia", se indica, a su vez, en el informe que los científicos han presentado al Ejecutivo.
La rentabilidad social del I+D
También Isabel Lozano, directora de PharmaMar, la empresa del grupo Zeltia especializada en el descubrimiento y desarrollo de fármacos de origen marino, opina que el investigador tiene pocos incentivos para meterse en un proyecto empresarial. "En general, no tiene acceso al capital para financiar proyectos. Si en Zeltia hemos conseguido créditos", dice, "es porque contamos con bienes tangibles y empresas químicas de liderazgo y gran consumo. De los 325 millones de euros que hemos invertido desde 1986, un 5% corresponde a ayudas públicas, pero lo hemos utilizado muy bien y no nos hemos arrugado ante las multinacionales. Creo que se ha demostrado que con perseverancia en la investigación y la inversión y centrándose en un área concreta se puede dar la batalla y eso que crear un nuevo fármaco exige normalmente una inversión de 800 millones de dólares y más de 10 años de trabajo". El de Zeltia, empresa que se ha internacionalizado y ha salido a Bolsa es, efectivamente, un raro ejemplo, porque la característica de la empresa española es que aunque mejora su tecnología de producción, no elabora nuevos productos con la intensidad con que lo hacen la mayoría de las europeas.
Para incentivar a las empresas, Joan Esteban propone que las empresas que cotizan en Bolsa tengan que elaborar balances de su capital tecnológico y presentarlos junto a sus resultados contables. De acuerdo con sus análisis, las ayudas públicas van dirigidas preferentemente a las grandes empresas y no verdaderamente a las que las necesitan. "La explicación de la ineficiencia de la política llevada hasta ahora es que las decisiones públicas están fuertemente influidas por los grupos de presión que forman las grandes compañías", indica.
El tamaño de la empresa media española y su tibieza investigadora parecen condenar a las Administraciones públicas a cargar con el mayor peso de la inversión, pero ¿hasta qué punto se justifica la transferencia de dinero público a entidades privadas, no es también una manera de contaminar la libre competencia? La respuesta de los expertos es que esa inversión pública está plenamente justificada. "Es evidente que la inversión en I+D y en capital humano desempeña un papel clave en el crecimiento económico, lo que ocurre es que en este caso el mercado tiene dos fallos importantes que justifican el apoyo público. En primer lugar, el retorno que obtiene la empresa generadora de conocimiento es inferior al retorno que obtiene la sociedad. Y en segundo lugar, el riesgo de que la investigación no alcance su objetivo es tan grande que resulta necesario dotarle de una prima muy alta", indica Isabel Lozano.
"La rentabilidad social del I+D es muy superior a los beneficios privados que produce, muy particularmente en España", subraya, asimismo, Joan Esteban. "La investigación tiene la naturaleza de bien público porque la mayor parte del beneficio que genera trasciende ampliamente al ámbito de la empresa para situarse en el resto de la industria y en el conjunto de la sociedad. Según nuestro estudio, si desde 1970 España hubiera invertido anualmente en I+D el mismo porcentaje del PIB que la media de los países de la OCDE, hoy tendríamos un 20% más de renta per cápita".
JOSÉ LUIS BARBERÍA
EL PAÍS - España - 18-10-2005
"España es un 20% menos rica por la falta de inversión en I+D
El conjunto de las empresas privadas 'tira' de la investigación mucho menos que la media de los países de la Unión Europea
El salto adelante que propone el Gobierno sólo tendrá éxito si la empresa privada abandona su tibieza investigadora y acompaña a los poderes públicos en ese esfuerzo extraordinario. España precisa, desde luego, de una mayor y mejor financiación pública, pero, sobre todo, de una cultura empresarial de compromiso con la investigación aplicada.
El fútbol goza de mayor relevancia social en España que la ciência
La mayoría de los ejecutivos no ve en la Universidad un motor de desarrollo económico
La tibieza investigadora de la empresa privada obliga al sector público a cargar con el esfuerzo
Aunque produce más trabajos científicos que los EE UU, la Unión Europea tiene un nivel de productividad empresarial sensiblemente inferior. Es la denominada "paradoja europea" que tanto preocupa a los economistas y a los políticos comunitarios. En el caso español, puede hablarse de la misma paradoja europea pero elevada al cuadrado. Resulta que con el 8% del PIB de la Comunidad Europea y el 2,7% de todas las publicaciones mundiales, España apenas dispone del 1% de las patentes de la UE. El déficit investigador en el sector empresarial -sólo uno de cada cinco científicos españoles trabaja en el sector privado- hace que nuestro país se sitúe en el pelotón de cola europeo también en número de investigadores (5 por cada 1.000 habitantes, la mitad que Suecia), por delante únicamente de Grecia, Portugal e Italia.
Admitido que, como establece en su informe la Confederación de Sociedades Científicas de España (Cosce), el apoyo de los poderes públicos a la investigación en nuestro país ha estado caracterizado por la falta de continuidad, sujeto a la oportunidad que brindaban los momentos de bonanza económica presupuestaria, la principal falla del sistema es la debilidad de la inversión empresarial en este terreno. Lo dicen los diagnósticos de los expertos. Porque, con las objeciones que se quiera -"la política de ayudas fiscales sólo beneficia a las compañías con beneficios", "habría que liberar a las empresas de los pagos de la Seguridad Social durante 10 años, como en Francia"-, lo cierto es que España cuenta con un marco de incentivos favorable. De hecho, las empresas pueden desgravar hasta el 35% de su gasto en investigación.
Más aún: la política de subvenciones a la investigación empresarial ha resultado globalmente un fracaso y no faltan los casos en los que las compañías subvencionadas han destinado el dinero a otros menesteres, o se han limitado a invertir únicamente el dinero público destinado a I+D, vulnerando el principio de cada euro del erario público sea correspondido con otro de la empresa.
En el proyecto Ingenio 2010, con el que el Gobierno central pretende darle la vuelta a esta situación, se alude al problema en términos más delicados -"nuestro tejido industrial no aprovecha suficientemente el conocimiento generado por nuestro sistema de I+D"- que los que emplea el secretario de Estado de Universidades e Investigación, Salvador Ordóñez: "Hay que actuar urgentemente sobre la grave e histórica dificultad para integrar a las empresas en la I+D+i y sobre sus serias deficiencias para convertir los resultados científicos en beneficios económicos y sociales".
¿Cómo conseguir el objetivo, modesto en relación a los de los otros países de la UE, de que la participación empresarial alcance en 2010 el 55%, al menos, del total de la inversión en I+D? Según la fundación para la investigación tecnológica, Cotec, que reúne a 80 empresas coordinadas por el ex presidente del BBV, José Ángel Sánchez Asiain, la inversión empresarial española crece en los últimos años al 13% anual y ya ha recortado sensiblemente su diferencial con la media europea, aunque, dado el enorme retraso existente, ese objetivo no se alcanzará al ritmo actual hasta dentro de dos décadas.
Un país que no crea emprendedores
La primera explicación viene de la mano del propio tejido industrial. España tiene pocas empresas con capacidad de invertir grandes sumas en I+D puesto que el 99% de su parque empresarial lo componen las pequeñas y medianas compañías. Por necesidades evidentes de la competencia exterior, las grandes firmas invierten, por lo general, mucho más que el porcentaje medio, pero como en conjunto son pocas, la suma resultante es extremadamente baja.
"Además", subraya Isabel Lozano, directora de PharmaMar, "la estructura empresarial en España está centrada en el sector servicios, el turismo, todavía en expansión, que, por lo visto, no exige grandes esfuerzos en I+D". Tampoco el negocio de la banca -España cuenta con bancos poderosos y de presencia internacional- parece requerir elevadas inversiones en este terreno. "En lugar de una cultura de riesgo, lo que tenemos es un enorme miedo al fracaso que frena las iniciativas", comenta Cristina Garmendia, presidenta de la Asociación Española de bioempresas (Asebio) y directora de Genetrix.
¿Qué hay que hacer para lograr que las 2,5 millones de medianas y pequeñas empresas existentes -sólo el 24% tiene su propio sitio en Internet-, se aprovechen de un sistema que, como reconocen los expertos de la OCDE, dispone de centros públicos de investigación de primera línea? Su concurso es decisivo porque sostienen más del 70% de los puestos de trabajo y son ellas las que cargan con el peso de la economía.
Un primer obstáculo parece ser la falta de cultura emprendedora. "Tenemos un país que no crea emprendedores, ni fomenta la crítica constructiva. Tampoco hemos aprendido a ser heterodoxos y así es muy difícil que salgan los grandes creadores", comenta Salvador Ordóñez, secretario de Estado de Investigación. "Decididamente, la educación española no estimula la investigación. La ciencia habrá ganado en España el día en que los científicos ocupen parte del protagonismo que tiene el fútbol", apunta Joan Guinovart. Entre la comunidad científica hay una abierta crítica a la cultura del pelotazo, del dinero fácil y el mínimo esfuerzo, al hábito de popularizar a personajes de dudoso mérito y de mantener a la sociedad entretenida en el cotilleo y la frivolidad vacía.
¿Resulta ocioso o demagógico preguntarse por qué cualquier ciudadano, no necesariamente inculto o iletrado, puede nombrar de corrido a personajes y personajillos de las farándulas televisivas y de la prensa del corazón pero es incapaz de aportar el nombre de un solo investigador? ¿La ciencia en España sigue siendo un problema de cultura colectiva, tal y como dejó escrito Ramón y Cajal después de haber reflexionado largamente sobre el asunto?
Esperar a que innoven otros
Mientras la versión optimista confía en que habrá dinero privado para invertir, la pesimista se remite a la experiencia de estos últimos años y concluye que el inversionista español seguirá pensando en la ganancia rápida, mirando a las construcciones que pueblan el sur y el levante costero español. "No hay inversión privada, pero yo creo que sí hay interés. Lo que pasa es que las empresas españolas de biomedicina, por ejemplo, somos muy jóvenes y, salvo casos contados, todavía no hemos tenido tiempo de demostrar que invertir en nosotros puede ser un buen negocio", señala Cristina Garmendia. "Al capital hay que presentarle expectativas de ganancia, porque no olvidemos", subraya, "que esto también es un negocio".
Hay comportamientos, sin embargo, que vienen a galvanizar los ánimos de los científicos. Constituidas como fundación privada, cinco empresas ajenas al sector farmacéutico: El Banco Santander, La Caixa, el Corte Inglés, Inditex y PRISA se han comprometido a aportar en los próximos 10 años, un total de 170 millones de euros, el 40% de la inversión total, para convertir al Centro Nacional de Investigaciones Cardiovasculares en el principal instituto de investigación cardiovascular de Europa. El nuevo CNIC estará dirigido por el cardiólogo Valentín Fuster, actual director del Instituto Cardiovascular de la Mount Sinai School of Medicine de Nueva York. También el Centro de Investigación Médica Aplicada de la Universidad de Navarra (CIMA), que da trabajo a 300 científicos de 16 países, constituye igualmente una valiosa apuesta del capital privado.
"El problema de la investigación empresarial", explica Joan Esteban, del Instituto de Análisis Económico, "es que mientras los costes son inmediatos, los beneficios son futuros e inciertos ya que nada ni nadie te asegura contra la posibilidad de que la competencia se te adelante y patente el invento. Las grandes empresas pueden diversificar la investigación internamente y asegurarse un promedio de rentabilidad, pero las pequeñas y medianas", subraya, "se enfrentan a un riesgo que consideran excesivo y no invierten porque creen que les sale más a cuenta esperar a que innoven otros". El "síndrome de la virginidad estatal", la idea de que lo público se prostituye forzosamente al contacto con lo privado, ha retrasado la puesta en marcha de fórmulas de colaboración provechosas que permitan a las empresas adquirir tecnología reduciendo notablemente el riesgo de la inversión en I+D.
Torres que se desploman
Claro que el paso previo, elemental, es conseguir que todas las pequeñas y medianas compañías -solo el 36% de las que tienen menos de 10 empleados disponen de Internet- estén conectadas a la sociedad de la información. Dentro también del plan nacional de investigación a aplicar en la presente legislatura, el Gobierno ha destinado 200 millones de euros a los proyectos tecnológicos de cooperación entre empresas y universidades u organismos públicos. La casi totalidad de ese dinero serán créditos reembolsables, pero está vez se pretende que la obligatoriedad de presentar avales por el valor de los créditos deje de ser un obstáculo. Así y todo, los jóvenes investigadores se quejan de que las ayudas públicas van dirigidas a los proyectos y científicos consolidados y que no ofrecen una verdadera oportunidad a los que empiezan desde abajo.
Tim Smithers, director del programa robot Mirela, uno de los experimentos presentados junto al proyecto Ingenio 2010, vino a San Sebastián hace 12 años siguiendo los pasos a una becaria española, hoy su mujer, que hizo su curso de posgraduado en Inglaterra. Pese a su experiencia y su formación en Cambridge, el británico no ha logrado una plaza de catedrático en la Universidad del País Vasco, debido, dice, a los obstáculos burocráticos que impiden, generalmente, a los extranjeros acceder al sistema académico español. Da clases en la Escuela de Ingenieros y sólo dedica unas horas semanales a ese proyecto estrella: un robot que responde al lenguaje universal de las notas musicales.
Su diagnóstico no es diferente al de sus colegas españoles. "En España hay gente buenísima que está en lo más alto, pero falta la estructura, la pirámide, y no hay masa social suficiente. Los grupos dependen muchísimo del jefe y si éste se larga, por ejemplo, a EE UU, la torre se viene abajo. El orden jerárquico es muy riguroso y a la gente nueva que empieza no le llega el dinero. No hay cultura de investigación aplicada a la empresa, ni una relación fuerte entre universidad e investigación. El investigador está en la universidad o en el centro tecnológico, no en la empresa, y el profesor universitario vive volcado en la publicación de su trabajo. Ahí, se acaba todo. Como la empresa no participa, tampoco se sabe qué es lo que necesita".
No es la ciencia por la ciência
Esa es, precisamente, la pregunta que la Fundación C Y D (Conocimiento y Desarrollo), constituida por un grupo de empresas españolas en diciembre de 2002 bajo la presidencia de Ana Patricia Botín, ha planteado a 404 directivos. La conclusión no deja en buen lugar a la Universidad española, puesto que la mayoría de los ejecutivos no ven en ella a un motor de desarrollo económico, ni creen que su organización actual facilite esa función. En general, la empresa reprocha a la Universidad que forme titulados ignorando los criterios de practicidad y aplicabilidad que demanda el tejido industrial.
"La finalidad no es la ciencia por la ciencia, sino su aplicación para el provecho de la sociedad", proclaman. Según esas opiniones, la Universidad no aporta una formación sólida de contenido científico y de aplicaciones polivalentes, tampoco potencia suficientemente los contenidos técnicos, ni fomenta el buen conocimiento de los idiomas modernos, la informática y la actividad comercial. Como dejó escrito Louis Pasteur (descubridor de la vacuna): "No hay ciencia básica y ciencia aplicada, lo que hay es aplicación de la ciencia". Y a su vez, es cierto también que los doctores universitarios no acostumbran a ver en la empresa una salida profesional y que muchas compañías no valoran, en absoluto, la titulación.
"Las universidades están obligadas a asumir nuevas funciones, en la medida en que la economía de la innovación permanente les asigna un papel protagonista. Tienen que interrelacionarse con el sector productivo y crear sus propias empresas", destaca el secretario de Estado de Universidades e Investigación, Salvador Ordóñez. "Debemos combatir la idea de que la docencia es la misión más genuina de la universidad (...)". "Docencia e investigación son actividades complementarias. Todo profesor debe investigar e impartir docencia", se indica, a su vez, en el informe que los científicos han presentado al Ejecutivo.
La rentabilidad social del I+D
También Isabel Lozano, directora de PharmaMar, la empresa del grupo Zeltia especializada en el descubrimiento y desarrollo de fármacos de origen marino, opina que el investigador tiene pocos incentivos para meterse en un proyecto empresarial. "En general, no tiene acceso al capital para financiar proyectos. Si en Zeltia hemos conseguido créditos", dice, "es porque contamos con bienes tangibles y empresas químicas de liderazgo y gran consumo. De los 325 millones de euros que hemos invertido desde 1986, un 5% corresponde a ayudas públicas, pero lo hemos utilizado muy bien y no nos hemos arrugado ante las multinacionales. Creo que se ha demostrado que con perseverancia en la investigación y la inversión y centrándose en un área concreta se puede dar la batalla y eso que crear un nuevo fármaco exige normalmente una inversión de 800 millones de dólares y más de 10 años de trabajo". El de Zeltia, empresa que se ha internacionalizado y ha salido a Bolsa es, efectivamente, un raro ejemplo, porque la característica de la empresa española es que aunque mejora su tecnología de producción, no elabora nuevos productos con la intensidad con que lo hacen la mayoría de las europeas.
Para incentivar a las empresas, Joan Esteban propone que las empresas que cotizan en Bolsa tengan que elaborar balances de su capital tecnológico y presentarlos junto a sus resultados contables. De acuerdo con sus análisis, las ayudas públicas van dirigidas preferentemente a las grandes empresas y no verdaderamente a las que las necesitan. "La explicación de la ineficiencia de la política llevada hasta ahora es que las decisiones públicas están fuertemente influidas por los grupos de presión que forman las grandes compañías", indica.
El tamaño de la empresa media española y su tibieza investigadora parecen condenar a las Administraciones públicas a cargar con el mayor peso de la inversión, pero ¿hasta qué punto se justifica la transferencia de dinero público a entidades privadas, no es también una manera de contaminar la libre competencia? La respuesta de los expertos es que esa inversión pública está plenamente justificada. "Es evidente que la inversión en I+D y en capital humano desempeña un papel clave en el crecimiento económico, lo que ocurre es que en este caso el mercado tiene dos fallos importantes que justifican el apoyo público. En primer lugar, el retorno que obtiene la empresa generadora de conocimiento es inferior al retorno que obtiene la sociedad. Y en segundo lugar, el riesgo de que la investigación no alcance su objetivo es tan grande que resulta necesario dotarle de una prima muy alta", indica Isabel Lozano.
"La rentabilidad social del I+D es muy superior a los beneficios privados que produce, muy particularmente en España", subraya, asimismo, Joan Esteban. "La investigación tiene la naturaleza de bien público porque la mayor parte del beneficio que genera trasciende ampliamente al ámbito de la empresa para situarse en el resto de la industria y en el conjunto de la sociedad. Según nuestro estudio, si desde 1970 España hubiera invertido anualmente en I+D el mismo porcentaje del PIB que la media de los países de la OCDE, hoy tendríamos un 20% más de renta per cápita".
JOSÉ LUIS BARBERÍA
EL PAÍS - España - 18-10-2005
Monday, October 17, 2005
Espanha "Se buscan 60.000 Científicos"
Dou a conhecer um artigo, publicado no "El País", de hoje, no qual se expoem as preocupações dos espanhóis acerca do seu atraso no plano tecnológico. É muito útil para comparar com os projectos portugueses na mesma área, aliás bandeira política do govrno socialista, que se deverão espelhar no OE, para 2006, que será apresentado hoje mesmo.
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España dedica a I+D la mitad que Francia y una tercera parte que EE UU
En 2000 registró poco más de 100 patentes, frente a las 6.000 de Alemania y las 15.000 de EE UU
Ni hay dinero ni sobran ideas. Sólo hemos producido un verdadero genio, Ramón y Cajal Deprisa, deprisa, hacen falta 60.000 nuevos investigadores antes de que finalice esta década, hay que recuperar o incorporar a otros 900 científicos de prestigio internacional, tenemos que crear grandes infraestructuras tecnológicas y convencer a las empresas y al conjunto de la sociedad de que la investigación propia es el valor añadido que nos asegura la prosperidad.
Avisada ya del peligro por la persistente pérdida de productividad y competitividad exterior, y por el aumento del déficit comercial, España reacciona como acostumbra a hacerlo en los momentos comprometidos: tarde, desde luego, pero intentando la hazaña, el gran salto adelante que debe permitirle salvar el retraso acumulado. Ese salto, un vuelo de cinco años, está encaminado a trasladar a nuestro país a la privilegiada orilla de las economías que se blindan frente a la competitividad globalizadora creciente, renovando su apuesta por la innovación tecnológica. ¿Conseguirá España enterrar definitivamente la morbosa leyenda negra de su pobre disposición para la investigación científica, conjurar el resentido maleficio unamuniano del "que inventen ellos", superar ese secular complejo de inferioridad ante las ciencias aplicadas y experimentales que, contra la evidencia demostrada en tantos casos, continúa adherido a la piel de este país?
Aunque, por ahora, no es oro todo lo que reluce en los reforzados presupuestos gubernamentales -buena parte del aumento son créditos reembolsables a largo plazo con interés cero, no subvenciones-, entre la comunidad científica circula una brisa expectante, vivificadora. ¿No es extraordinario que los investigadores españoles, genuinos francotiradores de la ciencia más que gentes de equipo, hayan salido de sus parapetos para organizarse a campo abierto? Por una vez, nuestros científicos abandonan la narración lacrimógena de sus conocidas miserias, mudan el rictus amargo de la vieja frustración heredada y transmitida por todos aquellos, desde Juan de la Cierva hasta el último de los actuales becarios sin derecho al desempleo, que han constatado que investigar en España es, muchas veces, llorar.
Ellos ya han dado un primer paso: tomar la iniciativa, evaluar la situación, detectar las fallas del sistema, lanzar propuestas. "Hemos organizado un ejército de 30.000 científicos que va a pelear para que España no pierda el tren del futuro, que es la economía basada en el conocimiento", proclama el presidente de la Confederación de Sociedades Científicas de España (Cosce) y director del Parque Científico de Barcelona, Joan Guinovart. "La armada científica más potente que ha existido nunca en este país", como dice él, ha puesto sobre la mesa del Gobierno un amplio informe, fruto de un año de reflexiones, consultas y estudios, que habla, desde luego, de dinero, -"no investigar se pagará mucho más caro"-, pero también de la necesidad de flexibilizar los estamentos de la política científica, de mejorar la formación de los investigadores y hasta de cambiar la mirada, distraída y distante, con que la sociedad contempla a la ciencia.
El periodo mágico
Hay esperanza, entre otras cosas, porque el precedente de la política de inversiones y becas a los posgraduados puesta en marcha a mediados de los años ochenta demostró sobradamente el talento de los investigadores que completaron su formación en centros internacionales. Aunque sin continuidad posterior, y de ahí viene el retroceso relativo acumulado en la última década, aquello constituyó un gran avance. "Duplicar el presupuesto de I+D, que entonces estaba en un raquítico 0,4% del PIB, dio paso a un periodo mágico. Fue como un descubrimiento: de repente, los españoles empezamos a pintar algo en la ciencia; en poco tiempo llegamos a publicar el 3% de los trabajos científicos mundiales", señala Carlos Martínez Alonso, presidente del Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC), el principal organismo de investigación.
Muchos de aquellos cientos de jóvenes investigadores optaron por quedarse en sus países de adopción porque encontraron allí los medios, los salarios y la proyección profesional que les negaba su patria, pero los que volvieron crearon los pilares sobre los que se asienta hoy la ciencia en España. "Estamos viviendo de la cosecha de los años ochenta, así que tenemos una comunidad científica envejecida que urge rejuvenecer y ampliar. Nuestra edad media está entre los 50 y los 55 años y los jóvenes que llegan a nuestro centro rondan ya generalmente la cuarentena", apunta el director del CSIC. La idea, bastante extendida, de que el momento de máxima creatividad científica se produce normalmente en la treintena no anula el propósito de recuperar a buena parte de los investigadores españoles asentados en el extranjero.
"Necesitamos a todos los talentos que tenemos fuera, independientemente de su edad, necesitamos de todo su ingenio, su prestigio y su experiencia porque, sencillamente, España se juega su papel en el mundo. Es ahora o nunca", enfatiza, a su vez, Joan Guinovart, director de Cosce.
Gran parte de sus colegas comparten, en efecto, la impresión de que el tiempo de los esfuerzos voluntariosos y esporádicos se acaba y que sólo una enérgica y sostenida reacción puede permitir a la investigación española sobrevivir en los tiempos venideros. "Señor presidente, siento decirle que nos queda poco tiempo. La ventana de oportunidad temporal puede durar lo que su actual legislatura. Aproveche la ocasión. Si no lo hace, probablemente será mejor que dedique los recursos a otros temas, ya que muy probablemente seremos dependientes tecnológicamente en muchos sectores durante el siglo XXI", indica Francisco Bas, ex secretario general de Asebio (Asociación Española de Bioempresas), en la carta que ha enviado al presidente del Gobierno.
El triángulo del conocimiento
"Habrá dinero", ha asegurado José Luis Rodríguez Zapatero: más becas, más contratos, más subvenciones. El Estado incrementará en un 25% como mínimo su presupuesto anual de I+D+i (investigación, desarrollo, innovación) con el propósito de que en 2010 el conjunto de la inversión pública y privada sume 19.000 millones de euros, el 2% del producto interior bruto (PIB), prácticamente el doble de lo que ahora se gasta en España.
No llega a ser el 3% que la Unión Europea se fijó como objetivo para esa misma fecha de 2010 en el Consejo de Lisboa, y seguiremos estando muy lejos de las cifras de Estados Unidos, Japón, Corea o los países nórdicos, pero ese salto permitirá a España reducir notablemente la brecha y acercar el horizonte de la convergencia con Europa, situada hoy a 20 años vista. Duplicar la inversión en I+D, esto es, pasar del actual 1,05% al 2% del PIB, es simplemente hacer los deberes elementales para poder disponer de la capacidad de investigación propia que le correspondería a España por su peso en la economía mundial. Porque si hablamos en términos absolutos, nos encontramos con que, de acuerdo con el estudio realizado por Main Science & Technology en 2001, España invierte en I+D un total de 9.400 millones de dólares en un año, mientras que Francia gasta 38.000; Alemania, 54.300; Japón, 106.900, y Estados Unidos, 277.100.
El "triángulo del conocimiento", formado por la educación, la investigación y la innovación, entendida esta última como transferencia de conocimiento a la empresa, se erige en la piedra angular de la nueva economía de los países desarrollados.
Lo que está en juego en España es el bienestar futuro de una sociedad que crece y genera empleo, efectivamente, pero en base a un modelo descompensado, dependiente de la construcción y de la demanda interna, que le lleva a retroceder significativamente en los indicadores mundiales de competitividad y le incapacita para superar la prueba obligada de los mercados exteriores. La pregunta lógica es hasta cuándo podrá sobrevivir ese modelo en un mundo, el del "capitalismo de la innovación extensiva", que está pasando de la era industrial a la economía fundada en el saber.
A la cola del comercio electrónico
Ciertamente, con los datos en la mano, el panorama se presenta preocupante. Pese al esfuerzo realizado a lo largo de las dos últimas décadas, la octava economía mundial por tamaño del PIB continúa a la cola de la inversión en I+D de los países desarrollados, incrementando su dependencia tecnológica. Según el informe Factbook 2005 de la OCDE (Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico), España dedicó en 2000 a la "inversión en conocimientos", concepto que engloba los gastos en I+D, en educación universitaria pública y privada y en nuevas tecnologías, el 2,5% de su PIB, poco más de la mitad de lo que lo hicieron países europeos como Alemania (4,8%) o Francia (4,6%), y mucho menos que Corea (5,4%) o EE UU (6,8%).
Aunque la economía española supone el 8% de la economía de la Unión Europea a 15, somos los que menos invertimos en equipamiento tecnológico en el sector de la producción, y nuestro comercio electrónico (Internet) es el menos activo de toda la Comunidad Europea, menos también que Portugal y Grecia, los países con los que tantas veces España comparte el pelotón de cola.
Visto así, no deja de ser sorprendente que la ciencia española haya logrado asomarse en algunos de los terrenos reservados a la élite mundial. Porque las cifras que dan cuenta de nuestra pobre inversión, tanto en I+D como en formación -somos también uno de los países europeos que menos gasta por estudiante-, están lejos de mostrar la calidad de la investigación básica en nuestro país.
Y, por lo mismo, la idea de subdesarrollo científico que sugieren los datos sólo tiene sentido como reflejo de que la apuesta inversora no se corresponde con el potencial económico y humano del país, ni atiende al reto planteado a las sociedades desarrolladas.
España es una potencia media tecnológica que suple sus graves carencias propias recurriendo al mercado internacional. El problema es el futuro, el peligro de que los sectores productivos sean incapaces de competir en costes en un mundo que está haciendo de la tecnología su gran valor añadido.
De hecho, las advertencias de los analistas internacionales han empezado a multiplicarse: "España corre el riesgo de perder competitividad y de sufrir un retroceso tecnológico", apuntan expertos de la OCDE y de la ONU. "Los países como España que han confiado su inversión a gran escala para la producción de tecnología media a compañías extranjeras dispondrán de un valor añadido en su producción relativamente bajo y serán más vulnerables a la amenaza competitiva de los países de fuera de Europa", sostiene Luis A. Walter, socio responsable del área de Mercados Industriales y Automoción de KPMG en España. Un estudio de esa misma compañía muestra que la clave para superar el reto de la producción a bajo coste es asegurarse de que los productos vayan un paso por delante de los que fabrican las regiones industriales emergentes. Los perdedores serán las compañías que no hayan invertido en I+D.
El país de la fregona
El caso de España emite señales alarmantes porque, además, su número de patentes (los derechos de explotación en exclusiva de un invento por un periodo determinado) alcanza cifras paupérrimas. Según la misma OCDE, España registró en 2000 un total de 113 patentes, frente a las 1.794 del Reino Unido, las 5.777 de Alemania o las 14.985 de EE UU. Y las cosas no han cambiado significativamente en ese aspecto clave. Son datos desalentadores que parecen abonar el pesimismo histórico español. "Aquí no se ha inventado otra cosa que la fregona y el chupa-chups", se dice a menudo, con una mezcla de frustración y desprecio. Es un comentario doblemente injusto, en la medida en que ignora los importantes logros obtenidos por la ciencia española en estos últimos años y desprecia, de paso, los pocos ejemplos existentes de ingenio aplicado a la industria. Hay quien considera un sarcasmo que el inventor de la fregona y de la aguja desechable, Manuel Jalón, haya sido incluido, alguna vez, entre el selecto y diminuto grupo de investigadores españoles reconocidos por la historia: Ramón y Cajal (la neurociencia), Isaac Peral (el submarino), Miguel Servet (la circulación de la sangre), Juan de la Cierva (el autogiro).
Con toda su aparente modestia, la fregona puso en pie a millones de mujeres en todo el mundo y facilitó la incorporación del hombre a estas tareas. Su artífice merecería, quizás, un reconocimiento más franco, no condicionado por el viejo complejo español que tiende a infravalorar o a desconfiar de lo propio. Cristina Garmendia, directora de Genetrix y presidenta de la Asociación Española de Bioempresas (Asebio), recuerda muy bien la reacción que obtuvo al presentar su primer proyecto de patente al Consejo de Administración: "Y si es una cosa tan buena, ¿cómo es posible que no la hayan descubierto los americanos o los alemanes?". El gran golpe de timón de la investigación española debería ir acompañado de un cambio de mentalidad general que, además de acabar con la inclinación a mortificarse, a recrearse vanamente en las deficiencias domésticas, conduzca a armarse de determinación y a apreciar en lo que vale el trabajo de las 70.000 personas que sostienen la investigación española y la calidad de centros y los experimentos en marcha.
España no está sobrada, precisamente, de descubrimientos aplicables a la industria, de la misma manera que, contra lo que proclama el recurrente mito-refugio ("A los españoles nos sobran las ideas, lo que nos faltan son medios"), tampoco es evidente que los genios abunden entre nosotros. Lo dice el presidente del CSIC, Carlos Martínez: "Ni nos sobran las ideas, ni contamos con grandes genios. Somos un país de toreros, francotiradores y guerrilleros, tipos duros, individualistas, acostumbrados a sobrevivir en la penuria financiera, pero sólo hemos producido un auténtico genio, Ramón y Cajal, un personaje extraordinario que sin otros medios que la observación personal dio el gran salto cualitativo y descubrió de la nada la neurociencia. Hay que cambiar el sistema de reparto del dinero, que fomenta el individualismo: cinco señores reciben más subvenciones cada uno por su lado que si formaran equipo. Pero también los científicos tenemos que cambiar, porque la ciencia ya no es el resultado de personajes singulares, sino un proceso de avances continuos".
Ahora, el genio es el que trabaja y sabe hacerlo en equipo. Aunque la investigación sigue requiriendo personalidades singulares, necesita también, cada vez más, visiones alternativas y complementarias. "Para que se produzca un cambio", indica, "hace faltan antes los avances que crean el nuevo espacio". Es una opinión compartida por Joan Guinovart: "La ciencia moderna se ha convertido en un asunto de los ejércitos regulares de científicos y por eso la guerra de guerrillas, tan española, ya no tiene sentido. Al mismo tiempo, tenemos que acabar", apunta, "con la costumbre de la tutela que ejercen las figuras en España y que hace que los jóvenes y no tan jóvenes vivan a la sombra de un protector, dependiendo de él para todo: financiación, laboratorios, contactos... No, señor: si sale un tipo bueno, hay que darle un laboratorio, dinero y una plaza. Y lo mismo si son dos, tres o los que sean".
El talón de Aquiles
La cifra de patentes pone al desnudo, desde luego, la enorme laguna de la ciencia aplicada española, pero sigue siendo un reflejo engañoso, injusto, del nivel real de la investigación en nuestro país. En primer lugar, porque los investigadores españoles no están mal situados en lo que se refiere a la publicación de sus trabajos en las revistas científicas de prestigio, un indicador siempre elocuente de la calidad de la actividad investigadora. Disponer del 2,7% de los artículos científicos publicados en el mundo puede ser, efectivamente, un dato aceptable para un país que cuenta con el 2% de la riqueza mundial en términos de PIB. Aceptable, sí, aunque, como matiza Carlos Martínez, una cosa es la cantidad, otra la calidad y otra la utilidad de esos trabajos para el tejido industrial.
"Publicamos, sobre todo, perfeccionando las aportaciones de otros y hacemos pocas cosas muy importantes. No tenemos campeones, no tenemos un Alonso de la ciencia, no hay una asociación clara entre publicaciones y patentes", dice el director del CSIC. A juicio de Cristina Garmendia (directora de Genetrix), el problema es que "el investigador español no está mentalizado en la necesidad de proteger sus resultados porque hasta ahora se le ha juzgado exclusivamente por el número de sus publicaciones y no por el de sus patentes".
"¿Qué pasa con la empresa española, se ha acostumbrado a pagar los royalties, cree que podrá sobrevivir sin innovar?". Es la gran pregunta que se hacen los responsables de la investigación científica. Porque no deja de ser paradójico que el número 1 en la titularidad de patentes -suyo es también el invento de las gulas, sucedáneo de las angulas- sea un organismo público como el CSIC y no la empresa privada. Así que se puede tener un nivel aceptable en la investigación básica y carecer de penetración en la investigación aplicada a la industria.
Ésa es la gran falla del sistema. Ocurre que las empresas españolas, las más interesadas, teóricamente, en desarrollar el I+D aplicado a sus productos, invierten proporcionalmente en investigación mucho menos que las compañías europeas, y no digamos nada que las norteamericanas. Mientras la financiación empresarial en el conjunto de la Unión supone de media el 58% del dinero efectivo destinado a I+D+i, en España ese porcentaje queda reducido al 48%, lo que obliga, a su vez, a los poderes públicos a hacer un esfuerzo presupuestario adicional muy superior. Ahí, en la atonía empresarial, está el principal talón de Aquiles de la investigación española."
JOSÉ LUIS BARBERÍA
EL PAÍS - España – 17-10-2005
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"Ésa es la cifra (60.000) que calculan los expertos para permitir que España se suba al tren tecnológico. Mientras tanto, el crecimiento de la economía puede ser sólo un espejismo a medio plazo
La investigación científica se ha convertido en la palanca que marca diferencias en el crecimiento económico. Aunque el conocimiento y la información han sido siempre fuentes de riqueza y poder, nunca habían adquirido un papel tan relevante en el mercado. España se la juega en unos pocos años si quiere alcanzar el tren de la nueva economía.España dedica a I+D la mitad que Francia y una tercera parte que EE UU
En 2000 registró poco más de 100 patentes, frente a las 6.000 de Alemania y las 15.000 de EE UU
Ni hay dinero ni sobran ideas. Sólo hemos producido un verdadero genio, Ramón y Cajal Deprisa, deprisa, hacen falta 60.000 nuevos investigadores antes de que finalice esta década, hay que recuperar o incorporar a otros 900 científicos de prestigio internacional, tenemos que crear grandes infraestructuras tecnológicas y convencer a las empresas y al conjunto de la sociedad de que la investigación propia es el valor añadido que nos asegura la prosperidad.
Avisada ya del peligro por la persistente pérdida de productividad y competitividad exterior, y por el aumento del déficit comercial, España reacciona como acostumbra a hacerlo en los momentos comprometidos: tarde, desde luego, pero intentando la hazaña, el gran salto adelante que debe permitirle salvar el retraso acumulado. Ese salto, un vuelo de cinco años, está encaminado a trasladar a nuestro país a la privilegiada orilla de las economías que se blindan frente a la competitividad globalizadora creciente, renovando su apuesta por la innovación tecnológica. ¿Conseguirá España enterrar definitivamente la morbosa leyenda negra de su pobre disposición para la investigación científica, conjurar el resentido maleficio unamuniano del "que inventen ellos", superar ese secular complejo de inferioridad ante las ciencias aplicadas y experimentales que, contra la evidencia demostrada en tantos casos, continúa adherido a la piel de este país?
Aunque, por ahora, no es oro todo lo que reluce en los reforzados presupuestos gubernamentales -buena parte del aumento son créditos reembolsables a largo plazo con interés cero, no subvenciones-, entre la comunidad científica circula una brisa expectante, vivificadora. ¿No es extraordinario que los investigadores españoles, genuinos francotiradores de la ciencia más que gentes de equipo, hayan salido de sus parapetos para organizarse a campo abierto? Por una vez, nuestros científicos abandonan la narración lacrimógena de sus conocidas miserias, mudan el rictus amargo de la vieja frustración heredada y transmitida por todos aquellos, desde Juan de la Cierva hasta el último de los actuales becarios sin derecho al desempleo, que han constatado que investigar en España es, muchas veces, llorar.
Ellos ya han dado un primer paso: tomar la iniciativa, evaluar la situación, detectar las fallas del sistema, lanzar propuestas. "Hemos organizado un ejército de 30.000 científicos que va a pelear para que España no pierda el tren del futuro, que es la economía basada en el conocimiento", proclama el presidente de la Confederación de Sociedades Científicas de España (Cosce) y director del Parque Científico de Barcelona, Joan Guinovart. "La armada científica más potente que ha existido nunca en este país", como dice él, ha puesto sobre la mesa del Gobierno un amplio informe, fruto de un año de reflexiones, consultas y estudios, que habla, desde luego, de dinero, -"no investigar se pagará mucho más caro"-, pero también de la necesidad de flexibilizar los estamentos de la política científica, de mejorar la formación de los investigadores y hasta de cambiar la mirada, distraída y distante, con que la sociedad contempla a la ciencia.
El periodo mágico
Hay esperanza, entre otras cosas, porque el precedente de la política de inversiones y becas a los posgraduados puesta en marcha a mediados de los años ochenta demostró sobradamente el talento de los investigadores que completaron su formación en centros internacionales. Aunque sin continuidad posterior, y de ahí viene el retroceso relativo acumulado en la última década, aquello constituyó un gran avance. "Duplicar el presupuesto de I+D, que entonces estaba en un raquítico 0,4% del PIB, dio paso a un periodo mágico. Fue como un descubrimiento: de repente, los españoles empezamos a pintar algo en la ciencia; en poco tiempo llegamos a publicar el 3% de los trabajos científicos mundiales", señala Carlos Martínez Alonso, presidente del Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC), el principal organismo de investigación.
Muchos de aquellos cientos de jóvenes investigadores optaron por quedarse en sus países de adopción porque encontraron allí los medios, los salarios y la proyección profesional que les negaba su patria, pero los que volvieron crearon los pilares sobre los que se asienta hoy la ciencia en España. "Estamos viviendo de la cosecha de los años ochenta, así que tenemos una comunidad científica envejecida que urge rejuvenecer y ampliar. Nuestra edad media está entre los 50 y los 55 años y los jóvenes que llegan a nuestro centro rondan ya generalmente la cuarentena", apunta el director del CSIC. La idea, bastante extendida, de que el momento de máxima creatividad científica se produce normalmente en la treintena no anula el propósito de recuperar a buena parte de los investigadores españoles asentados en el extranjero.
"Necesitamos a todos los talentos que tenemos fuera, independientemente de su edad, necesitamos de todo su ingenio, su prestigio y su experiencia porque, sencillamente, España se juega su papel en el mundo. Es ahora o nunca", enfatiza, a su vez, Joan Guinovart, director de Cosce.
Gran parte de sus colegas comparten, en efecto, la impresión de que el tiempo de los esfuerzos voluntariosos y esporádicos se acaba y que sólo una enérgica y sostenida reacción puede permitir a la investigación española sobrevivir en los tiempos venideros. "Señor presidente, siento decirle que nos queda poco tiempo. La ventana de oportunidad temporal puede durar lo que su actual legislatura. Aproveche la ocasión. Si no lo hace, probablemente será mejor que dedique los recursos a otros temas, ya que muy probablemente seremos dependientes tecnológicamente en muchos sectores durante el siglo XXI", indica Francisco Bas, ex secretario general de Asebio (Asociación Española de Bioempresas), en la carta que ha enviado al presidente del Gobierno.
El triángulo del conocimiento
"Habrá dinero", ha asegurado José Luis Rodríguez Zapatero: más becas, más contratos, más subvenciones. El Estado incrementará en un 25% como mínimo su presupuesto anual de I+D+i (investigación, desarrollo, innovación) con el propósito de que en 2010 el conjunto de la inversión pública y privada sume 19.000 millones de euros, el 2% del producto interior bruto (PIB), prácticamente el doble de lo que ahora se gasta en España.
No llega a ser el 3% que la Unión Europea se fijó como objetivo para esa misma fecha de 2010 en el Consejo de Lisboa, y seguiremos estando muy lejos de las cifras de Estados Unidos, Japón, Corea o los países nórdicos, pero ese salto permitirá a España reducir notablemente la brecha y acercar el horizonte de la convergencia con Europa, situada hoy a 20 años vista. Duplicar la inversión en I+D, esto es, pasar del actual 1,05% al 2% del PIB, es simplemente hacer los deberes elementales para poder disponer de la capacidad de investigación propia que le correspondería a España por su peso en la economía mundial. Porque si hablamos en términos absolutos, nos encontramos con que, de acuerdo con el estudio realizado por Main Science & Technology en 2001, España invierte en I+D un total de 9.400 millones de dólares en un año, mientras que Francia gasta 38.000; Alemania, 54.300; Japón, 106.900, y Estados Unidos, 277.100.
El "triángulo del conocimiento", formado por la educación, la investigación y la innovación, entendida esta última como transferencia de conocimiento a la empresa, se erige en la piedra angular de la nueva economía de los países desarrollados.
Lo que está en juego en España es el bienestar futuro de una sociedad que crece y genera empleo, efectivamente, pero en base a un modelo descompensado, dependiente de la construcción y de la demanda interna, que le lleva a retroceder significativamente en los indicadores mundiales de competitividad y le incapacita para superar la prueba obligada de los mercados exteriores. La pregunta lógica es hasta cuándo podrá sobrevivir ese modelo en un mundo, el del "capitalismo de la innovación extensiva", que está pasando de la era industrial a la economía fundada en el saber.
A la cola del comercio electrónico
Ciertamente, con los datos en la mano, el panorama se presenta preocupante. Pese al esfuerzo realizado a lo largo de las dos últimas décadas, la octava economía mundial por tamaño del PIB continúa a la cola de la inversión en I+D de los países desarrollados, incrementando su dependencia tecnológica. Según el informe Factbook 2005 de la OCDE (Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico), España dedicó en 2000 a la "inversión en conocimientos", concepto que engloba los gastos en I+D, en educación universitaria pública y privada y en nuevas tecnologías, el 2,5% de su PIB, poco más de la mitad de lo que lo hicieron países europeos como Alemania (4,8%) o Francia (4,6%), y mucho menos que Corea (5,4%) o EE UU (6,8%).
Aunque la economía española supone el 8% de la economía de la Unión Europea a 15, somos los que menos invertimos en equipamiento tecnológico en el sector de la producción, y nuestro comercio electrónico (Internet) es el menos activo de toda la Comunidad Europea, menos también que Portugal y Grecia, los países con los que tantas veces España comparte el pelotón de cola.
Visto así, no deja de ser sorprendente que la ciencia española haya logrado asomarse en algunos de los terrenos reservados a la élite mundial. Porque las cifras que dan cuenta de nuestra pobre inversión, tanto en I+D como en formación -somos también uno de los países europeos que menos gasta por estudiante-, están lejos de mostrar la calidad de la investigación básica en nuestro país.
Y, por lo mismo, la idea de subdesarrollo científico que sugieren los datos sólo tiene sentido como reflejo de que la apuesta inversora no se corresponde con el potencial económico y humano del país, ni atiende al reto planteado a las sociedades desarrolladas.
España es una potencia media tecnológica que suple sus graves carencias propias recurriendo al mercado internacional. El problema es el futuro, el peligro de que los sectores productivos sean incapaces de competir en costes en un mundo que está haciendo de la tecnología su gran valor añadido.
De hecho, las advertencias de los analistas internacionales han empezado a multiplicarse: "España corre el riesgo de perder competitividad y de sufrir un retroceso tecnológico", apuntan expertos de la OCDE y de la ONU. "Los países como España que han confiado su inversión a gran escala para la producción de tecnología media a compañías extranjeras dispondrán de un valor añadido en su producción relativamente bajo y serán más vulnerables a la amenaza competitiva de los países de fuera de Europa", sostiene Luis A. Walter, socio responsable del área de Mercados Industriales y Automoción de KPMG en España. Un estudio de esa misma compañía muestra que la clave para superar el reto de la producción a bajo coste es asegurarse de que los productos vayan un paso por delante de los que fabrican las regiones industriales emergentes. Los perdedores serán las compañías que no hayan invertido en I+D.
El país de la fregona
El caso de España emite señales alarmantes porque, además, su número de patentes (los derechos de explotación en exclusiva de un invento por un periodo determinado) alcanza cifras paupérrimas. Según la misma OCDE, España registró en 2000 un total de 113 patentes, frente a las 1.794 del Reino Unido, las 5.777 de Alemania o las 14.985 de EE UU. Y las cosas no han cambiado significativamente en ese aspecto clave. Son datos desalentadores que parecen abonar el pesimismo histórico español. "Aquí no se ha inventado otra cosa que la fregona y el chupa-chups", se dice a menudo, con una mezcla de frustración y desprecio. Es un comentario doblemente injusto, en la medida en que ignora los importantes logros obtenidos por la ciencia española en estos últimos años y desprecia, de paso, los pocos ejemplos existentes de ingenio aplicado a la industria. Hay quien considera un sarcasmo que el inventor de la fregona y de la aguja desechable, Manuel Jalón, haya sido incluido, alguna vez, entre el selecto y diminuto grupo de investigadores españoles reconocidos por la historia: Ramón y Cajal (la neurociencia), Isaac Peral (el submarino), Miguel Servet (la circulación de la sangre), Juan de la Cierva (el autogiro).
Con toda su aparente modestia, la fregona puso en pie a millones de mujeres en todo el mundo y facilitó la incorporación del hombre a estas tareas. Su artífice merecería, quizás, un reconocimiento más franco, no condicionado por el viejo complejo español que tiende a infravalorar o a desconfiar de lo propio. Cristina Garmendia, directora de Genetrix y presidenta de la Asociación Española de Bioempresas (Asebio), recuerda muy bien la reacción que obtuvo al presentar su primer proyecto de patente al Consejo de Administración: "Y si es una cosa tan buena, ¿cómo es posible que no la hayan descubierto los americanos o los alemanes?". El gran golpe de timón de la investigación española debería ir acompañado de un cambio de mentalidad general que, además de acabar con la inclinación a mortificarse, a recrearse vanamente en las deficiencias domésticas, conduzca a armarse de determinación y a apreciar en lo que vale el trabajo de las 70.000 personas que sostienen la investigación española y la calidad de centros y los experimentos en marcha.
España no está sobrada, precisamente, de descubrimientos aplicables a la industria, de la misma manera que, contra lo que proclama el recurrente mito-refugio ("A los españoles nos sobran las ideas, lo que nos faltan son medios"), tampoco es evidente que los genios abunden entre nosotros. Lo dice el presidente del CSIC, Carlos Martínez: "Ni nos sobran las ideas, ni contamos con grandes genios. Somos un país de toreros, francotiradores y guerrilleros, tipos duros, individualistas, acostumbrados a sobrevivir en la penuria financiera, pero sólo hemos producido un auténtico genio, Ramón y Cajal, un personaje extraordinario que sin otros medios que la observación personal dio el gran salto cualitativo y descubrió de la nada la neurociencia. Hay que cambiar el sistema de reparto del dinero, que fomenta el individualismo: cinco señores reciben más subvenciones cada uno por su lado que si formaran equipo. Pero también los científicos tenemos que cambiar, porque la ciencia ya no es el resultado de personajes singulares, sino un proceso de avances continuos".
Ahora, el genio es el que trabaja y sabe hacerlo en equipo. Aunque la investigación sigue requiriendo personalidades singulares, necesita también, cada vez más, visiones alternativas y complementarias. "Para que se produzca un cambio", indica, "hace faltan antes los avances que crean el nuevo espacio". Es una opinión compartida por Joan Guinovart: "La ciencia moderna se ha convertido en un asunto de los ejércitos regulares de científicos y por eso la guerra de guerrillas, tan española, ya no tiene sentido. Al mismo tiempo, tenemos que acabar", apunta, "con la costumbre de la tutela que ejercen las figuras en España y que hace que los jóvenes y no tan jóvenes vivan a la sombra de un protector, dependiendo de él para todo: financiación, laboratorios, contactos... No, señor: si sale un tipo bueno, hay que darle un laboratorio, dinero y una plaza. Y lo mismo si son dos, tres o los que sean".
El talón de Aquiles
La cifra de patentes pone al desnudo, desde luego, la enorme laguna de la ciencia aplicada española, pero sigue siendo un reflejo engañoso, injusto, del nivel real de la investigación en nuestro país. En primer lugar, porque los investigadores españoles no están mal situados en lo que se refiere a la publicación de sus trabajos en las revistas científicas de prestigio, un indicador siempre elocuente de la calidad de la actividad investigadora. Disponer del 2,7% de los artículos científicos publicados en el mundo puede ser, efectivamente, un dato aceptable para un país que cuenta con el 2% de la riqueza mundial en términos de PIB. Aceptable, sí, aunque, como matiza Carlos Martínez, una cosa es la cantidad, otra la calidad y otra la utilidad de esos trabajos para el tejido industrial.
"Publicamos, sobre todo, perfeccionando las aportaciones de otros y hacemos pocas cosas muy importantes. No tenemos campeones, no tenemos un Alonso de la ciencia, no hay una asociación clara entre publicaciones y patentes", dice el director del CSIC. A juicio de Cristina Garmendia (directora de Genetrix), el problema es que "el investigador español no está mentalizado en la necesidad de proteger sus resultados porque hasta ahora se le ha juzgado exclusivamente por el número de sus publicaciones y no por el de sus patentes".
"¿Qué pasa con la empresa española, se ha acostumbrado a pagar los royalties, cree que podrá sobrevivir sin innovar?". Es la gran pregunta que se hacen los responsables de la investigación científica. Porque no deja de ser paradójico que el número 1 en la titularidad de patentes -suyo es también el invento de las gulas, sucedáneo de las angulas- sea un organismo público como el CSIC y no la empresa privada. Así que se puede tener un nivel aceptable en la investigación básica y carecer de penetración en la investigación aplicada a la industria.
Ésa es la gran falla del sistema. Ocurre que las empresas españolas, las más interesadas, teóricamente, en desarrollar el I+D aplicado a sus productos, invierten proporcionalmente en investigación mucho menos que las compañías europeas, y no digamos nada que las norteamericanas. Mientras la financiación empresarial en el conjunto de la Unión supone de media el 58% del dinero efectivo destinado a I+D+i, en España ese porcentaje queda reducido al 48%, lo que obliga, a su vez, a los poderes públicos a hacer un esfuerzo presupuestario adicional muy superior. Ahí, en la atonía empresarial, está el principal talón de Aquiles de la investigación española."
JOSÉ LUIS BARBERÍA
EL PAÍS - España – 17-10-2005
Thursday, October 13, 2005
AINDA O BALANÇO DAS ELEIÇÕES AUTÁRQUICAS - OS COMENTÁRIOS
Curioso fenómeno o dos comentários aos resultados das eleições autárquicas: nunca são referidos os resultados!
Os dirigentes do PS comportam-se como derrotados, tendo sido vencedores; os dirigentes do PSD como vencedores, tendo sido derrotados; o PSD “esconde” a aliança com o CDS/PP; o CDP/PP esconde-se por detrás dessa aliança.
JPP em artigo, no “Público”, inicia assim a sua prosa: “O PSD ganhou as eleições, de forma inequívoca.” Ao longo do texto não surge um argumento objectivo, ancorado em qualquer análise dos resultados, que justifique tal asserção. Não apresenta um único número. Na mesma página, ao lado, Rui Moreira titula o seu texto: “A Rosa Murchou”, na mesma linha de argumentação, embora mais moderado, sem qualquer referencia aos resultados.
José António Lima, no “Expresso on line”, aventura-se na pura mentira afirmando: “Na verdade, o PS sofreu no passado domingo uma derrota política em toda a linha. Perdeu câmaras, perdeu mandatos, perdeu capitais de distrito, perdeu votos."
É pura mentira. O PS, em relação às eleições de 2001, não perdeu mandatos, ganhou mandatos; não perdeu votos, ganhou votos. Perdeu, de facto, em comparação com 2001, três presidências de Câmara e duas capitais de distrito, tendo ganho uma. A direita é que perdeu em toda a linha: perdeu 3 presidências de câmara; perdeu mandatos; perdeu uma capital de distrito e perdeu votos.
Finalmente Jorge Coelho, surpresa das surpresas, afirmou na “Quadratura do Círculo”, na “SIC-Notícias”, que os resultados do PS não tinham sido “catastróficos”. Pelos vistos as expectativas dos dirigentes do PS eram megalómanas. As escolhas de muitos candidatos consideradas de excelência. A política de alianças um primor de visão estratégica. Só essas falsas expectativas, alimentadas pelos dirigentes do PS, podem explicar a sua incapacidade para defender os resultados.
Como os números mostram o PS, objectivamente, obteve um bom resultado. O que acontece é que os dirigentes do PS falharam na gestão das expectativas e transformaram uma vitória ou, no mínimo, um bom resultado, numa derrota. Marques Mendes geriu melhor as expectativas e permitiu-se transformar um resultado medíocre numa vitória.
Os balanços das autárquicas, fundados num exercício extraordinário de omissão dos resultados das mesmas, integram-se, na perfeição, na pré-campanha presidencial de Cavaco. A ideia é simples: criar uma onda de derrotismo na esquerda e, em particular, no PS para abrir o caminho a uma entrada triunfal da candidatura presidencial de Cavaco.
Pode ser que nas eleições presidenciais se invertam as expectativas e, concomitantemente, a lógica de apreciação dos seus resultados finais.
Os dirigentes do PS comportam-se como derrotados, tendo sido vencedores; os dirigentes do PSD como vencedores, tendo sido derrotados; o PSD “esconde” a aliança com o CDS/PP; o CDP/PP esconde-se por detrás dessa aliança.
JPP em artigo, no “Público”, inicia assim a sua prosa: “O PSD ganhou as eleições, de forma inequívoca.” Ao longo do texto não surge um argumento objectivo, ancorado em qualquer análise dos resultados, que justifique tal asserção. Não apresenta um único número. Na mesma página, ao lado, Rui Moreira titula o seu texto: “A Rosa Murchou”, na mesma linha de argumentação, embora mais moderado, sem qualquer referencia aos resultados.
José António Lima, no “Expresso on line”, aventura-se na pura mentira afirmando: “Na verdade, o PS sofreu no passado domingo uma derrota política em toda a linha. Perdeu câmaras, perdeu mandatos, perdeu capitais de distrito, perdeu votos."
É pura mentira. O PS, em relação às eleições de 2001, não perdeu mandatos, ganhou mandatos; não perdeu votos, ganhou votos. Perdeu, de facto, em comparação com 2001, três presidências de Câmara e duas capitais de distrito, tendo ganho uma. A direita é que perdeu em toda a linha: perdeu 3 presidências de câmara; perdeu mandatos; perdeu uma capital de distrito e perdeu votos.
Finalmente Jorge Coelho, surpresa das surpresas, afirmou na “Quadratura do Círculo”, na “SIC-Notícias”, que os resultados do PS não tinham sido “catastróficos”. Pelos vistos as expectativas dos dirigentes do PS eram megalómanas. As escolhas de muitos candidatos consideradas de excelência. A política de alianças um primor de visão estratégica. Só essas falsas expectativas, alimentadas pelos dirigentes do PS, podem explicar a sua incapacidade para defender os resultados.
Como os números mostram o PS, objectivamente, obteve um bom resultado. O que acontece é que os dirigentes do PS falharam na gestão das expectativas e transformaram uma vitória ou, no mínimo, um bom resultado, numa derrota. Marques Mendes geriu melhor as expectativas e permitiu-se transformar um resultado medíocre numa vitória.
Os balanços das autárquicas, fundados num exercício extraordinário de omissão dos resultados das mesmas, integram-se, na perfeição, na pré-campanha presidencial de Cavaco. A ideia é simples: criar uma onda de derrotismo na esquerda e, em particular, no PS para abrir o caminho a uma entrada triunfal da candidatura presidencial de Cavaco.
Pode ser que nas eleições presidenciais se invertam as expectativas e, concomitantemente, a lógica de apreciação dos seus resultados finais.
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